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Biodiversité : natur&ëmwelt réclame un «véritable changement de cap»


natur&ëmwelt cible particulièrement le secteur agricole. (Photo d'illustration : afp)

L’association environnementale juge le futur Plan national de restauration de la nature encore trop timide et appelle à des mesures contraignantes, notamment dans l’agriculture et l’aménagement urbain.

Face à «l’état alarmant de la biodiversité et des écosystèmes au Luxembourg», natur&ëmwelt hausse le ton. Dans un communiqué publié ce lundi 11 mai, l’association demande au gouvernement de transformer le futur Plan national de restauration de la nature (NRP) en un outil «réellement ambitieux, cohérent et doté de moyens suffisants» pour enrayer le déclin des espèces et des habitats naturels du pays.

«Le Plan national de restauration de la nature ne doit pas devenir un catalogue de bonnes intentions. Il doit permettre un véritable changement de cap, avec des mesures contraignantes, des moyens suffisants et un suivi transparent», insiste ainsi la directrice de natur&ëmwelt, Claudine Felten, dans le communiqué.

«Nous n’agissons pas assez»

L’ONG s’appuie sur plusieurs indicateurs préoccupants : «aucune masse d’eau de surface au Luxembourg n’atteint actuellement un bon état écologique», tandis que «près de 30 % des oiseaux, 26 % des papillons et 35 % des plantes vasculaires sont menacés». La situation des forêts est elle aussi jugée critique, avec une proportion d’arbres en bonne santé passée de 79 % en 1984 à seulement 15 % en 2024.

Des constats qui font écho aux inquiétudes déjà exprimées par Robert Biwer et Claudine Felten lors d’un entretien accordé au Quotidien il y a quelques mois. «Nous n’agissons pas assez. C’est le business qui prime avant tout», regrettait alors le président de l’association, estimant que la protection de la nature était progressivement reléguée au second plan face aux crises économiques et géopolitiques.

L’agriculture au premier plan

Dans son communiqué, natur&ëmwelt cible particulièrement le secteur agricole, considéré comme «la pression majeure sur la biodiversité».

L’association réclame une réduction significative du cheptel et de l’usage des produits phytosanitaires, mais plaide aussi pour un accompagnement renforcé des agriculteurs. «Les agricultrices et agriculteurs qui préservent les sols, l’eau, les paysages et la biodiversité doivent être mieux reconnus et rémunérés», souligne le texte.

Cette ligne s’inscrit dans la continuité des propos tenus par Claudine Felten en début d’année : «Il faut parvenir à devenir des partenaires. Les agriculteurs sont stigmatisés.» Robert Biwer appelait lui aussi à «un changement de paradigme au niveau politique», considérant les exploitants agricoles comme «un des grands acteurs dans et pour la nature».

L’association demande également davantage d’ambition en milieu urbain, avec «de véritables plans de gestion écologique dans les communes», des règles plus strictes pour les espaces verts et un soutien accru à la végétalisation.

Enfin, natur&ëmwelt critique les modalités de consultation du projet de plan national, jugées insuffisantes. L’ONG regrette en effet un délai limité à six semaines, dont deux pendant les vacances de Pâques, et demande que les contributions citoyennes soient intégrées «de manière transparente et traçable» dans la version finale du document.

C’est quoi, le futur Plan national de restauration de la nature?

Le ministère de l’Environnement a lancé une consultation publique autour du futur Plan national de restauration de la nature dans le cadre du règlement européen sur la restauration de la nature, pilier du Pacte vert européen.

Ce plan vise notamment à restaurer les écosystèmes dégradés, renforcer la biodiversité et améliorer la résilience écologique du pays à travers des mesures comme la renaturation des cours d’eau, la restauration des forêts ou le développement d’infrastructures vertes en ville.

L’Union européenne fixe pour objectif de couvrir au moins 20 % des terres et mers d’ici 2030. Une enquête publique était ouverte sur la plateforme zesumme-vereinfachen.lu jusqu’au 5 mai dernier, accompagnée d’ateliers et de groupes de travail réunissant acteurs publics et privés.

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