Les services de l’État ont encore un peu de temps pour se pencher sur le sujet. Mais le délai maximum de sept ans qu’il leur reste ne sera pas de trop. Il va y avoir en effet de l’évolution au niveau de la prise en charge des travailleurs frontaliers au chômage. Les journaux de l’autre côté de la frontière, surtout en France, en ont fait leurs gros titres et certains ont montré une certaine satisfaction. À l’avenir (la date exacte reste évidemment à définir, mais elle va vite arriver), un ancien salarié frontalier se retrouvant au chômage va donc être indemnisé par le Grand-Duché dans une plus large mesure : six mois au lieu de trois actuellement. Logique, me direz-vous, car il a cotisé au Luxembourg pour cette «assurance» chômage lorsqu’il exerçait son activité. Mais, au-delà de l’argent, c’est tout un mécanisme qu’il faudra mettre en place. Car une personne recherchant un emploi n’est pas simplement quelqu’un qui reçoit une compensation financière pour l’aider à traverser cette mauvaise passe.
Propositions de postes, formations, validation des acquis de l’expérience, rencontres avec ses conseillers, éventuels stages, évaluation des attentes de la personne désormais disponible sur le marché de l’emploi, suivi des entretiens avec les entreprises recherchant des employés… La liste est longue, mais ce ne sont là que quelques exemples de ce que propose une agence comme l’Adem pour aider au retour à l’emploi. Le travail est déjà bien conséquent, maintenant imaginons que des milliers de frontaliers tapent à la porte de cette administration, comme ils en ont le droit, pour recevoir la même aide que les résidents. Le ministre du Travail, Marc Spautz, a déjà évoqué une probable réorganisation de l’Adem ces prochaines années pour absorber ce flux de nouveaux dossiers à gérer et surtout à suivre! Tout ne sera pas qu’une question d’argent. Des rencontres avec les pays voisins sont prévues afin de trouver un mode de fonctionnement adéquat pour absorber le choc de la décision européenne prise au mois d’avril. Espérons juste que les travailleurs frontaliers ne seront pas lésés par les attentes des différents pays. L’attractivité du Luxembourg risque encore d’en prendre un coup.