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Israël : l’ONU demande la libération des militants de la flottille pour Gaza


Un groupe de Palestiniens manifestant contre la détention des deux membres de la flottille. (Photo : AFP)

Tandis que l’ONU appelle à la libération immédiate des deux membres de la flottille pour Gaza retenus par Israël, un tribunal du pays a prolongé leur détention d’au moins quatre jours.

Le 1er mai, lorsque la marine israélienne décide de débarquer en Crète les militants de la flottille humanitaire pour Gaza, deux personnes manquent à l’appel. Sur les 180 personnes arrêtées illégalement en eaux internationales et kidnappés à bord d’un navire israélien, selon les organisateurs de la Global Sumud Flotilla (GSF), Saif Abukeshek et Thiago Ávila sont, eux, retenus afin d’être interrogés en Israël. Le premier est un ressortissant espagnol, le second est brésilien. Tous deux sont membres du comité de direction de la GSF et sont accusés par l’État hébreu d’avoir des liens avec le Hamas, ce qu’ils nient.

Ce mercredi, l’ONU a demandé la libération «immédiate» des deux militants. «Israël doit libérer immédiatement et sans condition Saïf Abu Keshek et Thiago Avila», a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Thameen Al-Kheetan, faisant état de témoignages selon lesquels les deux militants subissent «de graves mauvais traitements». En parallèle, la justice israélienne a validé dans la journée la prolongation de l’incarcération des deux militants jusqu’au dimanche 10 mai, a-t-on appris auprès de leur avocate, Hadeel Abu Salih.

Des maltraitances en prison

Avant l’ONU, le président brésilien Lula avait réclamé mardi la libération immédiate de Thiago Ávila et Saif Abukeshek tandis que le gouvernement espagnol est, lui, monté au créneau depuis le 2 mai. L’action d’Israël est «complètement illégale», avait réagi le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, rejetant tout lien entre son ressortissant et le Hamas. «Je suis inquiet, parce que nous avons un citoyen espagnol qui est détenu illégalement, qui a été appréhendé dans les eaux internationales, en dehors de toute juridiction, par les autorités d’un autre État.»

Depuis leur premier jour de détention, les deux représentants de la GSF ont entamé une grève de la faim, à laquelle s’ajoutent des «maltraitances psychologiques et mauvais traitements», selon l’ONG israélienne Adalah qui leur a rendu visite en prison lundi. L’ONG donne en exemple des «interrogatoires durant jusqu’à huit heures» de suite, des menaces de mort ou de «passer 100 ans en prison», des cellules avec un éclairage intensif permanent et des déplacements systématiquement effectués les yeux bandés, même durant des visites médicales.

Mercredi, les deux hommes sont apparus menottés et escortés par deux gardiens au tribunal d’Ashkelon, Saïf Abu Keshek l’air épuisé selon la journaliste de l’AFP sur place.

Le retour des deux luxembourgeois

Mardi, la délégation luxembourgeoise de la flottille a organisé une conférence de presse au restaurant Chiche au Limpertsberg à l’occasion du retour de Xavier Gilquin et Gildo Molinari. Les deux résidents et membres de la flottille ont partagé le récit de leur traversée stoppée le 29 avril par l’intervention jugée illégale de la marine israélienne.

Les organisateurs de la flottille ont dénoncé le kidnapping de 180 participants, dont Gildo Molinari. Ce dernier a raconté sa détention sur le navire israélien Nahshon, où des violences physiques et verbales ont eu lieu, son débarquement dans un port en Crète, son transfert en bus jusqu’à l’aéroport d’Heraklion et son vol expéditif à destination d’Istanbul.

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