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150 millions d’euros pour muscler l’écosystème de la défense


Grâce au fonds, le gouvernement espère renforcer son écosystème de défense mais aussi assurer une rentabilité économique. (Photo : hervé montaigu)

Afin de soutenir l’écosystème national autour de la défense, le gouvernement a présenté jeudi un nouvel instrument, le Fonds national de défense. Doté de 150 millions d’euros, il vise à soutenir et attirer les entreprises innovantes du secteur.

Près de quatre mois après l’instauration du Defence Bond, le gouvernement a dévoilé jeudi les contours d’un nouvel instrument pour contribuer à l’effort de défense du Grand-Duché : le Fonds national de défense (FND). Les ministres Gilles Roth (Finances), Yuriko Backes (Défense) et Lex Delles (Économie) ont conjointement pris la parole en conférence de presse afin de présenter cette enveloppe de 150 millions d’euros sur cinq ans. Un montant qui correspond à la somme levée en moins de 24 heures grâce aux obligations du Defence Bond en janvier dernier.

L’objectif n’est pas de remplir les caisses pour augmenter le budget en matière de défense, mais d’investir pour soutenir les start-up, les scale-up et les entreprises innovantes d’un secteur plus que jamais stratégique et porteur. «Le Fonds national de défense constitue un levier stratégique pour renforcer notre tissu économique et positionner le Luxembourg comme un acteur clé de l’innovation dans des domaines critiques», présente Lex Delles, qui souhaite poursuivre «une dynamique déjà engagée visant à faire de la défense et des technologies à double usage un axe prioritaire de développement économique».

Un levier financier tripartite

Le FND fonctionne sur la base d’un contrat fiduciaire entre l’État, le Fonds souverain intergénérationnel du Luxembourg (FSIL) et la Société nationale de crédit et d’investissement (SNCI). Cette dernière aura la responsabilité de la gestion et des investissements des fonds des deux acteurs précités, tout en investissant également de sa poche. L’enveloppe de 150 millions d’euros du FND est alimentée par trois sources : 75 millions d’euros viennent du FSIL, 50 millions d’euros sont issus du budget de l’État et les 25 millions d’euros restants proviennent de la SNCI.

Gilles Roth s’est montré rassurant quant à la gestion de ce fonds, puisque la SNCI, chargée de la gestion opérationnelle, «pourra s’appuyer sur sa coopération de longue date avec le Fonds européen d’investissement». Les décisions d’investissement seront prises par un comité «garantissant une gouvernance claire et alignée sur les priorités stratégiques» et qui se chargera du suivi de portefeuille, de l’administratif, de la comptabilité de la trésorerie et de la conformité.

Afin de «positionner le Luxembourg comme un véritable pôle d’innovation», selon les mots de Lex Delles, le gouvernement a ciblé quatre secteurs clés pour son secteur de la défense : la cybersécurité, l’espace, les matériaux avancés et l’automatisation. Sans surprise, le Grand-Duché n’ambitionne donc pas de devenir un producteur de missiles, de munitions ou de systèmes de combat. D’autant plus que le mot d’ordre affiché est celui d’investir dans des technologies «à double usage», soit des biens, logiciels ou des savoir-faire qui peuvent servir à l’usage militaire aussi bien que civil.

Cap sur les 5 % du RNB pour la défense

Comme l’a rappelé Yuriko Backes, le Grand-Duché a des obligations envers l’OTAN en matière de dépenses. Après avoir alloué 2 % du revenu national brut (RNB) aux investissements de défense pour 2026, l’État doit, d’ici 2035, atteindre un taux de 5 % du RNB. Soit un montant estimé de 4,6 milliards d’euros par an. Le FND doit ainsi permettre de lancer et soutenir «la création d’une substance économique luxembourgeoise» afin de tenir la cadence souhaitée par l’OTAN et de générer des recettes.

La ministre de la Défense promet en effet que «l’innovation dans le domaine de la défense constitue un pilier essentiel de notre sécurité, tout en générant des retombées économiques durables, des emplois qualifiés et une excellence technologique au service du Luxembourg». L’État espère donc obtenir un retour sur les investissements réalisés.

D’ici là, la politique d’investissement du FND est de soutenir l’innovation «des entreprises nationales et d’attirer de nouvelles activités». Pour ce faire, l’accent est notamment mis sur une collaboration renforcée avec les parties prenantes de l’écosystème de la défense ainsi qu’une «intégration de nos entreprises dans les chaînes de valeur européennes», selon le ministre de l’Économie. Pour toute prise de contact ou demande d’informations, la SNCI propose une adresse mail dédiée aux intéressés : info@fnd.lu.

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