[Ligue des champions, demi-finales] À 32 ans, il met des qualités exceptionnelles au service du Bayern, au risque de rater certains records personnels qui lui tendent les bras.
Lorsqu’il a signé au Bayern à la mi-août 2023, quelques jours après avoir passé le cap de la trentaine, Harry Kane était clairement venu en Bavière pour cela : garnir un palmarès jusque-là vierge de tout trophée, avec dans le viseur le plus beau de tous, la Ligue des champions.
Dimanche dernier, il a ajouté une troisième ligne avec le titre de champion d’Allemagne, son deuxième. Et ce n’est pas fini, puisque le Bayern s’est qualifié pour la finale de la Coupe d’Allemagne, le 23 mai contre Stuttgart.
Avec 53 buts toutes compétitions confondues, Kane réalise d’ores et déjà la plus belle saison d’un Anglais – statistiquement parlant – depuis près d’un siècle. Dans le championnat allemand, il en est à 33, à trois unités de ses 36 buts de sa première saison de Bundesliga.
Mais cette quête personnelle est très nettement passée au second plan dans l’esprit du capitaine et meilleur buteur de la sélection anglaise (78 buts en 112 sélections), qui rêve d’un triplé Bundesliga/Pokal/Ligue des champions que le Bayern, sextuple champion d’Europe, a réalisé en 2013 et 2020.
«Je suis ici pour essayer de gagner la Ligue des champions. C’est ça la priorité», a-t-il répondu à une énième question sur les 41 buts de Robert Lewandowski, le record en une saison de Bundesliga établi lors de la saison 2020/21 par l’ancien attaquant du Bayern. Une marque difficilement atteignable, d’autant que son coach, Vincent Kompany, a mis en place une rotation pour faire souffler ses joueurs cadres.
Mais résumer l’importance de Kane dans le jeu munichois à ses seuls buts est bien trop réducteur. Contrairement à Lewandowski, qui était un pur avant-centre, Kane participe à la construction du jeu du Bayern. En grand fan de foot américain, il transmet à la perfection ses longues passes de 50 ou 60 mètres pour les ailiers Michael Olise (à droite) ou Luis Diaz (à gauche), comme peut le faire un quarterback.
«Les joueurs eux-mêmes le disent : ce que Harry Kane réalise, la façon dont il travaille pour l’équipe, c’est et ça reste quelque chose d’exceptionnel», a loué Lothar Matthäus, champion du monde 1990 et Allemand le plus capé avec la sélection, dans sa chronique sur le site de Sky après le sacre national. «D’autres ont déjà été meilleurs buteurs, mais ils n’étaient pas autant présents que Kane. Il n’a pas de prix», a ajouté Matthäus.