METZ En juin 2025, un homme de 39 ans agressait à l’aide d’un couteau son voisin dans l’ascenseur d’un immeuble à Metz alors qu’il sortait seulement les poubelles.
La scène est un peu cocasse. À quelques minutes du début de l’audience, un protagoniste manque à l’appel : le prévenu. L’homme est en détention provisoire, mais sa demande de transfert a été… oubliée. Un moment de flottement et une affaire plus tard, le mis en cause comparaît bien, mais à distance, devant le tribunal de Metz, ce mercredi 22 avril.
D’abord poursuivi pour tentative d’homicide, il doit finalement répondre de violence avec arme. Le 13 juin 2025, vers 19 h, dans un immeuble d’habitation à Metz, un des résidents remonte chez lui après avoir sorti les poubelles. Il se retrouve alors nez à nez dans l’ascenseur avec son voisin qui, sans raison, l’invective, puis tente de lui asséner un coup de couteau au niveau du visage. Blessée finalement à la main, la victime se réfugie chez l’une de ses voisines.
La police se rend sur place. Alertées de la présence de l’agresseur présumé dans son appartement, situé au 2e étage, les forces de l’ordre défoncent la porte, interpellent l’individu et retrouvent une dizaine de couteaux, sans pour autant mettre la main sur l’arme qui aurait servi à l’agression. L’homme âgé de 39 ans et originaire de Dijon est placé en garde à vue. Une fois au commissariat, il refuse de se soumettre au prélèvement ADN, lance des insultes et aurait tenté de cracher au visage d’une policière.
Le couteau «pas retrouvé»
À l’audience, le prévenu cherche à se justifier : «Il m’a provoqué. Moi je n’ai rien fait.» Une phrase qu’il répète aussi pour les outrages et pour les sanctions disciplinaires en détention. Pour son avocat, «aucune preuve» ne démontre la culpabilité de son client. «Les traces de sang n’ont pas été analysées et le couteau n’a pas été retrouvé. Est-ce qu’on peut condamner un homme seulement sur les déclarations des victimes?», s’interroge-t-il.
Pourtant, l’enquête de voisinage révèle l’existence de différends entre lui et plusieurs résidents à cause de leurs chiens. «Victime d’un complot? Personne n’y croit, lance le procureur, il y a suffisamment d’éléments matériels pour entrer en voie de condamnation.» Le ministère public requiert notamment deux ans de prison, ainsi que trois mois pour le refus de se soumettre au prélèvement ADN.
Le tribunal condamne Boumediene B. à 18 mois d’emprisonnement pour violence avec arme et outrage, et à deux mois pour refus de prélèvement ADN. S’y ajoutent des interdictions de détenir une arme, d’entrer en contact avec la victime et de paraître à son domicile.
L’homme est relaxé pour les faits de violence sur la policière et de détention d’arme.