[LIGUE DES CHAMPIONS] Le Real Madrid est tombé avec les honneurs, mercredi face au Bayern Munich, ce qui ne devrait pas suffire à éviter une saison blanche et les conséquences qui vont en découler.
Il n’y a pas de honte à être vaincu par ce Bayern-là, sûrement l’équipe la plus impressionnante collectivement et la plus régulière d’Europe, aussi, avant que le PSG ne s’y frotte en demi-finale de la Ligue des champions. Surtout après deux matches spectaculaires où le Real Madrid, battu 1-2 puis 4-3, a regardé l’ogre bavarois droit dans les yeux, du moins jusqu’à l’expulsion sévère et surtout largement évitable du milieu Eduardo Camavinga à la 86e minute du quart de finale retour.
Cette décision arbitrale fait la une partout en Espagne, où la presse sportive dénonce «une injustice», comme l’avait fait avant cela l’entraîneur madrilène Alvaro Arbeloa, dont le départ en fin de saison semble désormais acté. Distancés en Liga, avec neuf points de retard sur le FC Barcelone à sept journées de la fin de la saison, éliminés dès les huitièmes de finale de Coupe du Roi par Albacete (D2), les Merengues semblent condamnés à terminer cette saison mouvementée les mains vides.
Ce serait la première fois depuis 2006 que le Real boucle deux exercices d’affilée sans titre majeur… et à l’époque, président Florentino Pérez, qui avait à l’époque démissionné en assumant l’échec de son projet des «Galactiques». Un tel scénario paraît peu probable aujourd’hui, alors que l’homme d’affaires de 79 ans a été réélu jusqu’en 2029.
Mais il ne paraît pas quand même pas si éloigné, avec cette fois Mbappé, Vinicius, Bellingham et Rodrygo dans les rôles de Zidane, Ronaldo, Beckham et Figo. Cette saison irrégulière, où l’armada a semblé choisir ses matches, a probablement acté l’incompatibilité des quatre stars, même si Rodrygo était absent à Munich. Et l’erreur initiale des dirigeants madrilènes de les associer sans penser à l’équilibre d’une équipe qui venait de remporter sa 15e Ligue des champions.
Mbappé brillant mais pointé du doigt
Il n’y a pas vraiment de hasard à voir Alvaro Arbeloa, homme du club venu remplacer son ami et ex-coéquipier Xabi Alonso, échouer là où le Basque, et même le grand Carlo Ancelotti avaient failli avant lui, face à une équation impossible à résoudre sans heurter l’ego des éphémères «Quatre fantastiques». L’ex-latéral droit de 43 ans pourra se targuer de s’en être le plus rapproché, au moins sur la scène européenne, où le Real a prouvé qu’il ne fallait jamais l’enterrer.
Il aurait même pu gagner sa place sur le banc merengue, alors qu’aucune durée de contrat n’avait été précisée lors de sa signature, si son équipe n’avait pas laissé filer autant de points en championnat face à des équipes plus faibles. C’est tout le paradoxe de cette saison : ce Real soudé, impliqué, capable de créer du danger à partir de (presque) rien grâce au talent individuel de ses attaquants, n’est apparu que par parcimonie.
Malgré ses 40 buts toutes compétitions confondues, et sa 15e réalisation de la saison en C1 mercredi, Kylian Mbappé se retrouve lui pointé du doigt pour son manque de travail défensif, au terme d’une deuxième saison brillante sur le plan individuel mais proche du fiasco collectif. Des constats qui devraient mener à un nouvel été mouvementé en coulisses à Valdebebas, le fief du club madrilène.