Accueil | Editoriaux | La guerre mise en pause

La guerre mise en pause

Quelle sera la suite de l’histoire? Le cessez-le-feu entre, d’une part, les États-Unis et Israël et, d’autre part, l’Iran permet au reste du monde de souffler. Pour un temps seulement. Durant deux semaines, Téhéran et Washington vont discuter pour tenter de trouver un terrain d’entente et faire taire, pour de bon, les armes. Mais les demandes des uns et des autres sont tellement éloignées qu’un accord en aussi peu de temps semble totalement improbable. L’Iran ne voudra jamais abandonner son programme nucléaire malgré les demandes incessantes de Trump. Pour l’instant, les deux camps crient victoire et on imagine déjà les échanges qui vont avoir lieu au Pakistan jusqu’à la fin du mois.

Le monde respire à nouveau en voyant le fracas des bombes cesser, mais aussi en examinant les cours du pétrole ou du gaz. Les hausses successives ont été stoppées immédiatement après la fin des bombardements. Oui, les prix à la pompe vont baisser, mais il faudra du temps pour qu’ils reviennent au niveau d’avant la crise. De nombreux dégâts sont à réparer sur les installations du Golfe et ce n’est pas la hausse de la production des pays de l’OPEP+ qui comblera le manque provoqué par les frappes américano-israéliennes et les contre-attaques iraniennes. D’autant plus que les braises encore chaudes de la guerre risquent de reprendre très rapidement. Les États-Unis continuent d’envoyer des forces dans la région pour muscler leur dispositif. En attendant une prochaine offensive? Un troisième round d’affrontements? Un quatrième? Un cinquième?

Rien n’est finalement réglé. Il n’y a pas eu de vainqueur lors de cette confrontation, donc que des perdants. Et le Liban continuait d’être martyrisé mercredi. Le plan de Donald Trump a en tout cas échoué. Ses stratèges peuvent retourner à l’école de guerre. Nous sommes loin du changement de régime tant annoncé et de la fin de la menace iranienne qui plombe la région depuis des décennies. Le ton du côté de la capitale américaine semble même avoir changé. Les États-Unis tentent aujourd’hui d’enlever le doigt de l’engrenage d’un conflit à grande échelle sans fin. Les mollahs, eux, règnent aujourd’hui sur un pays en ruine et très affaibli, mais ils gardent leur pouvoir de nuisance. Pour l’instant, c’est un retour à la case départ.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.