Le vice-président américain était en Hongrie ce mardi pour aider Viktor Orban à gagner un cinquième mandat.
Le vice-président américain, J.-D. Vance, a vanté mardi les mérites du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, face à ce qu’il a dénoncé comme des interférences de Bruxelles, à quelques jours d’élections législatives pour lesquelles le dirigeant nationaliste est en mauvaise posture.
«Je voulais vraiment envoyer un signal à tout le monde, en particulier aux bureaucrates de Bruxelles, qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour maintenir le peuple hongrois sous pression parce qu’ils n’aiment pas le dirigeant qui, lui, s’est réellement levé pour défendre le peuple de Hongrie», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe à Budapest avec Viktor Orban, qu’il a présenté comme son «bon ami» lundi soir avant de prendre l’avion.
Selon Vance, la campagne électorale en Hongrie constitue «l’un des pires exemples d’interférence jamais vu», et les «bureaucrates de Bruxelles» ont essayé de «détruire l’économie» de ce pays d’Europe centrale «parce qu’ils détestent ce gars».
«Je ne dirai pas aux Hongrois comment voter. J’encourage les bureaucrates de Bruxelles à faire exactement la même chose», a-t-il poursuivi, tout en décrivant Viktor Orban comme un «partenaire important et constructif pour la paix» en Ukraine.
Au pouvoir depuis 2010, le Premier ministre hongrois, qui brigue un cinquième mandat consécutif, est donné largement perdant du scrutin de dimanche par les instituts de sondage indépendants. Même si le système électoral, qu’il a façonné pour lui être largement favorable, pourrait atténuer son éventuelle défaite. Les institutions progouvernementales donnent, elles, la coalition Fidesz-KDNP de Viktor Orban, 62 ans, gagnante.
Un modèle de démocratie illibérale
Proche du président russe, Vladimir Poutine, il bénéficierait selon les observateurs de l’aide secrète de la Russie pour accroître ses chances de victoire face au parti Tisza du conservateur proeuropéen Peter Magyar. Ce dernier a réussi en moins de deux ans à construire un mouvement d’opposition capable de bousculer l’hégémonie du dirigeant hongrois, qui a érigé son pays de 9,5 millions d’habitants en modèle de démocratie illibérale.
Des parlementaires du Conseil de l’Europe se sont alarmés récemment du caractère «toxique» de la campagne, marquée par la «propagande incendiaire» du dirigeant nationaliste, confronté à un mécontentement économique et social. J.-D. Vance est, au sein de l’administration américaine, l’un des plus féroces critiques des gouvernements européens centristes et progressistes, et l’un des plus fervents partisans des formations de droite radicale en Europe.
L’administration américaine prend désormais ouvertement et fortement position pour les dirigeants jugés compatibles avec ses priorités diplomatiques ainsi qu’avec son idéologie.