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Barbara Bucki : «La hausse des idées suicidaires chez les jeunes est très inquiétante»


Selon la docteure Barbara Bucki, «il y a environ 10 % des suicides qui passent entre les mailles du filet» au Luxembourg. (Photos : fabrizio pizzolante)

Alors que le Luxembourg a enregistré une cinquantaine de décès par suicide en 2024, la forte augmentation des idées suicidaires ou tentatives de suicide chez les jeunes particulièrement alarme la Ligue Santé mentale.

Parler du suicide au Luxembourg représente-t-il encore un tabou?

Barbara Bucki : Oui et non. Globalement, on a constaté depuis la pandémie de covid une libération de la parole autour des troubles psychiques. La situation économique ou l’isolement ont été des signaux révélateurs. Alors oui, on parle plus de santé mentale, mais il reste encore des tabous chez certaines personnes. Derrière ces sujets sensibles, il y a surtout un manque de connaissances, des questions de croyances, de culture, d’âge.

La prévention permet-elle de briser ce tabou?

Elle est plus que nécessaire. Notre rôle, ici à la Ligue Santé mentale, est justement d’attirer l’attention sur la manière de parler de ce sujet. On le connaît tous plus ou moins, parce qu'on est passé par des phases difficiles dans notre vie. Cela peut donner l'impression à certaines personnes qu'elles sont expertes de ce domaine. Notre mission, c'est aussi de contribuer à propager des vérités sur la santé mentale, sur les troubles psychiques et sur le suicide et sa prévention. Et là, je crois qu'on a encore une belle marge de progression. On peut toujours faire plus. Ce ne sont pas les idées qui manquent. On observe tout de même certaines améliorations. À titre d’exemple, l'équipe du service Prévention et Formation de la Ligue a triplé en dix ans.

La prévention ne concerne pas uniquement les professionnels de la santé mentale.

Si on conseille en premier lieu d’encourager la personne qui a des idées suicidaires à en parler à un professionnel de la santé, le soutien des proches peut être aussi très bénéfique pour ces personnes. Cela peut être un ami, un collègue, un membre de sa famille. N'importe quelle personne peut, à son niveau, contribuer à ce que la personne aille mieux.

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