Alors que les agressions dans les transports en commun sont en augmentation en 2025, trois conducteurs de bus ont accepté de témoigner des agressions dont ils ont été victimes.
«J’y repense tous les jours, le soir, j’ai du mal à m’endormir. Cette histoire m’a marquée», confie, la voix tremblante, Olivia*. Il y a quelques mois, la conductrice de bus, qui travaille pour une entreprise privée au Luxembourg, a été victime d’une agression.
Il est 22 h 30 ce jour-là quand la quadragénaire entame son dernier service. Tout juste arrivée dans une gare du pays, elle fait monter une dizaine de personnes dans son bus. Parmi elles, deux hommes qu’elle décrit comme étant alcoolisés. Sur le chemin, l’un d'entre eux lui demande de s'arrêter au plus vite, ce qu'elle refuse.
«J’étais sur une voie rapide. Je ne pouvais pas arrêter le bus immédiatement. Je leur ai dit que je le ferai au prochain arrêt sécurisé», raconte-t-elle. La conductrice se gare une première fois, mais les deux hommes refusent de descendre.
«L’un des deux individus est sorti, mais le deuxième a refusé de descendre. Il s’est placé devant moi et m’a craché au visage. Il a ensuite renversé sa bière sur moi», explique-t-elle.
«Il m'a attrapée par le col»
L’agression verbale devient alors physique. «Il m’a attrapée par le col (…). Il m’a donné des coups de genou au niveau des hanches (….) Quand je me suis relevée, j’ai immédiatement fermé les portes du bus. Mais l’agresseur les a ouvertes de son côté, car il savait très bien où étaient situés les boutons», précise Olivia.
Les violences dureront quarante minutes avant que la police intervienne. «J’avais actionné le voyant d’urgence, mais cela n’a visiblement pas fonctionné», regrette-t-elle.
Les genoux et les mains abîmés, la conductrice de bus décide de se rendre à l’hôpital. Elle y reste une nuit. Le médecin l’arrête pendant huit jours.
Après son arrêt maladie, elle décide de reprendre son travail, la peur au ventre. «Je suis obligée de prendre le double de ma dose habituelle d’antidépresseurs», se désole-t-elle.
«Quand je fais cette ligne, je demande à mon mari de m’accompagner, il est aussi chauffeur de bus. Cela me rassure», poursuit-elle.
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