Une femme sur trois dans l’UE a subi des violences au cours de sa vie, selon une enquête publiée mardi par l’Agence des droits fondamentaux (FRA) et l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE).
L’étude indique que seules 6,1 % des victimes d’un partenaire et 11,3% de celles agressées par un non‑partenaire saisissent la police. Honte, peur, auto‑culpabilisation et défiance envers les autorités expliquent en grande partie ce silence.
« Quand les abus sont normalisés ou ignorés, cela reflète des défaillances systémiques. Les États ont l’obligation de prévenir, protéger et garantir l’accès à la justice », a souligné la directrice de la FRA, Sirpa Rautio, citée dans le communiqué.
Ce rapport est le second sur les violences faites aux femmes, après une étude publiée en 2014.
Dans certains pays où la collecte des données a été faite, les personnes interrogées pouvaient s’auto-identifier comme femmes, ce qui signifie que les femmes trans étaient autorisées à participer.
L’enquête a été menée conjointement par Eurostat, la FRA et l’EIGE, sur la base de plus de 114 000 entretiens de femmes entre 18 et 74 ans, réalisés entre septembre 2020 et mars 2024.
Depuis la première enquête, l’UE a ratifié la Convention d’Istanbul, mais cinq États membres, la Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie, la Lituanie et la Slovaquie, ne l’ont pas fait.
La Convention d’Istanbul, entrée en vigueur en 2014, est un instrument juridique consacré à la lutte contre les violences faites aux femmes.