Après la publication d’une pétition par des parents d’élèves dénonçant des violences et des perturbations à l’école fondamentale de Dommeldange, le ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch, fait le point sur les mesures mises en place.
Le 15 janvier dernier, à Luxembourg, l’association des parents d’élèves de l’école fondamentale de Dommeldange publiait une pétition privée afin de dénoncer les faits survenus au sein de l’établissement. «Les enfants et les enseignants sont quotidiennement exposés à la violence, à des comportements agressifs et à de graves perturbations. La peur et l’instabilité font désormais partie du quotidien scolaire. Il ne s’agit ni d’un problème temporaire ni d’un cas isolé, mais d’un problème structurel et systémique persistant, qui continue d’être toléré», notaient-ils dans le document.
Le lancement de cette pétition aurait été motivé par «des incidents isolés impliquant notamment deux enfants au comportement problématique», indique le ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch, dans une réponse à une question parlementaire introduite par le député ADR Fred Keup. Des comportements qui ont tout de même nécessité l’intervention de la police, comme le confirme le ministre, et qui, selon les parents d’élèves, sont loin d’être «isolés». «Les cours sont régulièrement perturbés, entraînant un retard scolaire pour les élèves, et beaucoup subissent une détresse psychologique importante en étant témoins ou victimes de violences», soulignent ces derniers.
Les élèves quitteront prochainement l’école
Pour contrer cette dynamique, Claude Meisch assure que «les acteurs locaux et régionaux ont mis en place une série de mesures coordonnées et renforcées afin de garantir un encadrement adéquat des élèves, de prévenir l’escalade des conflits et de rétablir durablement un climat scolaire calme et sécurisé». Il précise que les deux élèves concernés «quitteront prochainement l’école fondamentale de Dommeldange afin d’être encadrés dans un cadre plus adapté».
Si la pétition pointe le mal-être subi par les élèves, elle n’oublie pas de rappeler la détresse du personnel enseignant et éducatif. À cela, le ministre de l’Éducation nationale répond que des formations aux techniques de désescalade et à la gestion de classe ont été mises en place pour l’ensemble du personnel.
«En cas d’incident lié à une agression, à des violences ou à une perturbation grave du quotidien scolaire, les parents sont informés immédiatement et de manière proactive. Un plan d’action écrit et détaillé a en outre été élaboré, définissant des étapes supplémentaires pour garantir durablement la sécurité et un environnement d’apprentissage fonctionnel.»
Renforts et accompagnement
Pour accompagner les élèves et les enseignants dans l’analyse et la gestion de situations sensibles, un psychologue scolaire qualifié est désormais systématiquement présent dans l’école. S’y ajoutent la présence d’une éducatrice formée pour assurer en priorité le suivi socio-émotionnel des enfants concernés ainsi qu’une augmentation du nombre d’heures prévues pour l’intervention d’un instituteur spécialisé dans la scolarisation des élèves à besoins éducatifs spécifiques (I-EBS). Ce dernier est secondé par un assistant pour élèves à besoins éducatifs spécifiques.
Enfin, Claude Meisch indique que deux postes supplémentaires ont été créés : le premier pour un enseignant à temps plein afin de «soutenir durablement une équipe pédagogique spécifique» et le second pouvant être mobilisé de manière flexible deux jours par semaine en fonction des besoins identifiés.
Quant à d’éventuels incidents similaires dans d’autres écoles du pays, le ministre annonce «être actuellement engagé dans un processus de dialogue avec des partenaires scolaires clés afin d’obtenir une image précise de la situation actuelle. Les conclusions de ce processus seront présentées dans les mois à venir.»