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Un travail à finir

La révision du droit du travail continuera à être discutée en format bipartite. Il s’agit d’une des rares conclusions des pourparlers qui se sont tenus hier sur le travail de plateforme (lire ci-dessus). Pour les syndicats, il manque des «avancées concrètes» dans l’intérêt des salariés avant de se remettre autour d’une table avec le gouvernement et le patronat. L’Union des syndicats OGBL-LCGB continue de faire bloc afin d’éviter de retomber dans un schéma de simple consultation servant de façade à l’exécutif conservateur-libéral avant qu’il prenne une décision unilatérale. Le dialogue social a incontestablement pris un sacré coup l’an dernier. Et la guérison prend du temps.

Le ministre du Travail, Marc Spautz, ne cesse de promouvoir le retour à des négociations tripartites. Ce format permettrait de simplifier les arbitrages, en évitant des allers-retours incessants entre l’union syndicale et l’union patronale. On ne peut pas donner tort au politicien chrétien-social. En donnant la priorité au travail de plateforme, il a peut-être trouvé la clé pour relancer le dialogue à trois. Le camp patronal se montre assez réservé, tandis que les syndicats se disent prudemment optimistes face à la possibilité de trouver un accord. Nora Back, la présidente de l’OGBL, affirme qu’une réglementation renforçant vraiment le statut des travailleurs concernés pourrait être la première avancée majeure de cette législature en ce qui concerne le droit du travail. Il s’agirait d’un résultat susceptible de réellement favoriser un retour au dialogue social. Une condition essentielle pour s’attaquer aux autres dossiers de taille, en tête la revalorisation du salaire minimum et l’augmentation du nombre de conventions collectives.

Un autre facteur susceptible de retisser un lien de confiance réside dans les négociations en format tripartite qui n’ont pas été mises entre parenthèses. Ce printemps, le redressement financier de l’assurance maladie sera à concrétiser dans des pourparlers entre gouvernement, syndicats, patronat et prestataires de soins de santé. Par ailleurs, les ministres Marc Spautz et Lex Delles se sont engagés à peser dans la tripartite sidérurgie afin d’éviter la perte de plus de 1 000 emplois chez ArcelorMittal.

Les bases d’un nouveau départ sont donc posées. Il reste à finir le travail.

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