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L’ex-patron de l’athlétisme mondial menacé d’un procès en France


Lamine Diack, ancien président influent de la fédération internationale d'athlétisme (1999-2015), âgé de 85 ans, pourrait répondre notamment de "corruption active et passive" et "blanchiment en bande organisée", lors d'un procès à Paris. (photo AFP)

Le parquet national financier (PNF) demande un procès en France contre l’ex-patron de l’athlétisme mondial (IAAF), le Sénégalais Lamine Diack, et son fils, Papa Massata Diack, soupçonnés d’être impliqués dans un système de corruption pour couvrir des cas de dopage d’athlètes russes, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

Si le juge d’instruction anticorruption Renaud Van Ruymbeke suit les réquisitions du parquet, Lamine Diack, ancien président influent de la fédération internationale d’athlétisme (1999-2015), âgé de 85 ans, devrait répondre notamment de « corruption active et passive » et « blanchiment en bande organisée », lors d’un procès à Paris.

Dans son réquisitoire signé jeudi, le PNF souhaite le voir jugé au tribunal correctionnel au côté de cinq autres personnes, dont son fils et ex-puissant conseiller marketing à l’IAAF, Papa Massata Diack. Depuis Dakar où il est installé, il n’a jamais répondu aux sollicitations de la justice française, qui a lancé un mandat d’arrêt contre lui. Il est soupçonné de « blanchiment en bande organisée », « corruption active » et « complicité de corruption passive ».

Un pacte de corruption présumée

Ouverte en novembre 2015 par le PNF, après un signalement de l’agence mondiale antidopage, cette enquête aux ramifications internationales a mis au jour un pacte de corruption présumée : en échange de l’indulgence des services antidopage de l’IAAF, Lamine Diack aurait obtenu des fonds russes pour des campagnes politiques au Sénégal. Le pacte aurait aussi permis de faciliter des négociations avec des sponsors et des diffuseurs russes, avant les Mondiaux d’athlétisme à Moscou en 2013.

Lamine Diack est également soupçonné d' »abus de confiance » pour avoir permis, « du fait de ses fonctions », à son fils « de s’approprier des recettes de l’IAAF provenant de sponsors », selon le réquisitoire. Le ministère public vise aussi l’ancien conseiller de Lamine Diack, Habib Cissé, et l’ancien chef antidopage de l’IAAF, Gabriel Dollé, tous deux soupçonnés de « corruption passive ». Ce dernier a reconnu les faits et demandé une procédure de plaider-coupable.

Le parquet demande enfin un procès contre Valentin Balakhnichev, ex-président de la Fédération russe d’athlétisme (ARAF) et ancien trésorier de l’IAAF, et Alexeï Melnikov, qui fut l’entraîneur en chef des courses de fond à l’ARAF. Tous deux sont réclamés par la justice française, le premier pour corruption passive et active, ainsi que blanchiment aggravé, et le second pour corruption passive.

La justice française, compétente parce que des fonds ont pu être blanchis sur son territoire, avait été saisie par l’Agence mondiale antidopage (AMA) en 2015. L’année suivante, une enquête commandée par l’AMA a révélé un système de dopage institutionnel en Russie, allant au-delà de l’athlétisme.

AFP

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