Ils ont l’âge d’être consultants, entraîneurs, ou juste retraités du tennis. Mais Marin Cilic, Novak Djokovic et Stan Wawrinka, à 37, 38 et 40 ans, toujours pas rassasiés par leur carrière, jouent les prolongations à Melbourne, encore en piste au 3e tour de l’Open d’Australie.
L’anecdote a fait sourire : «Il est plus vieux que mon coach», avait rappelé le Français Arthur Géa, 21 ans (198e mondial), avant de jouer – et de perdre en cinq sets – contre le vétéran suisse Stan Wawrinka (139e mondial), 40 ans, qui dispute sa toute dernière saison.
Le coach de Géa, l’Autrichien Gérald Melzer, ex-68e mondial qui n’a jamais croisé la route du Suisse sur le circuit, n’a que 35 ans.
Ce n’est pas nouveau, les progrès dans la récupération, l’entraînement, le matériel aussi, ont rehaussé petit à petit la moyenne d’âge au tennis. Et si dans les années 80, les joueurs pros dépassaient rarement la trentaine, ils sont désormais quelques-uns à dépasser les 35 ans et à écumer les courts du circuit, continuant à se frotter aux plus jeunes sur le circuit. À Melbourne, les «vieux» se distinguent.
Wawrinka, triple lauréat en Grand Chelem dont un titre à Melbourne en 2014, n’est plus aussi incisif qu’avant mais son intelligence de jeu et son expérience lui permettent d’être encore compétitif, même si le corps encaisse plus durement.
«Je suis épuisé», a-t-il avoué après sa victoire face à Géa au bout d’un combat de plus de 4 heures et demie. «Vous m’avez donné l’énergie dont a besoin un vieux comme moi», a-t-il lancé au public, devenant le joueur le plus âgé à atteindre le 3e tour en Australie depuis 47 ans. Une belle affiche l’attend au 3e tour contre l’Américain Taylor Fritz (9e mondial).
Longtemps gêné par des blessures qui l’ont contraint à vivre une carrière en dents de scie sur le circuit depuis plusieurs années, le Croate Marin Cilic, 37 ans, vainqueur de l’US Open en 2014, opère lui depuis plusieurs mois un retour assez discret.
L’ex-3e mondial n’a clairement pas retrouvé le niveau qui était le sien du temps de sa superbe mais il ne lâche pas. Après être tombé dans les limbes du classement mondial, il s’est accroché pour retrouver le top 100, un parcours laborieux mais agrémenté d’un titre à Hangzou fin 2024, après trois ans de disette.
Et pour ce début de saison 2026, le Croate, désormais 70e mondial, qui avait été battu en finale à Melbourne en 2018 par Federer, renifle encore une fois le parfum d’un 3e tour en Grand Chelem, un stade qu’il avait déjà atteint à Wimbledon la saison dernière.
Après sa victoire face au Canadien Denis Shapovalov jeudi, la question lui a été posée de savoir s’il se voyait continuer encore plusieurs années : «On verra», a-t-il répondu. «Nous sommes tous conscients que le sport évolue, la science est plus présente dans tout. Nous sommes plus attentifs à ce que nous devons manger, à la façon de prendre soin de notre corps.»
«Novak joue dans une autre catégorie»
Un autre senior flamboyant, Gaël Monfils, 39 ans, a reconnu lui que malgré son envie, le corps ne suivait plus : «Il y a beaucoup de trucs que je veux faire mais que je n’arrive plus à faire. J’étais à 100% de mon 100% d’aujourd’hui… qui n’est pas mon 100%», a-t-il expliqué après ses adieux à Melbourne, où il est tombé au premier tour.
Un aveu qui donne encore un peu plus de poids à la performance de Novak Djokovic, 38 ans et toujours 4e mondial, qui a marqué les esprits avec ses deux premières victoires sans trembler à Melbourne.
«Novak joue dans une autre catégorie de toute façon. On ne se compare jamais à lui. Il est toujours là. Il le sera toujours tant qu’il jouera», a estimé, élogieux, Wawrinka.
Djokovic est évidemment celui qui peut encore rêver de soulever encore une fois un trophée du Grand Chelem. Son état d’esprit possède en tout cas une fraîcheur qui en dit long sur ses ambitions.
«Quel est l’intérêt de participer et de se donner à fond si ce n’est pas pour essayer d’être meilleur que la saison précédente? C’est ce genre de mentalité que j’essaie de cultiver», a-t-il assuré jeudi après sa qualification pour le 3e tour.
Les «vieux» n’ont pas dit leur dernier mot…