SIX NATIONS Les Anglais ont dit adieu au Grand Chelem, voire au titre, en chutant samedi en Écosse (31-20), rival historique lancé par un Finn Russell impérial en première période.
Les Écossais ont coupé brutalement l’élan du XV de la Rose, pourtant arrivé à Murrayfield avec une douzième victoire consécutive, la semaine passée contre un faible pays de Galles (48-7) à Twickenham. L’opposition était bien plus relevée dans cette «Calcutta Cup» toujours enflammée, face à des locaux en quête de rachat après leur défaite inaugurale en Italie (18-15).
Gregor Townsend, en danger avant la rencontre, a été rassuré dès la première période puisqu’à la mi-temps, ses joueurs menaient 24-10 et étaient en supériorité numérique. «Au bout de 20 minutes, je me suis dit que c’était l’un des meilleurs rugby que nous ayons jamais joués», a réagi le sélectionneur.
«J’ai trouvé que c’était l’un des meilleurs matches de Finn Russell avec l’Écosse et les efforts fournis par nos avants étaient superbes.» L’ailier Henry Arundell, auteur du premier essai anglais (21e, 17-7), a laissé ses coéquipiers à quatorze pendant vingt minutes après une faute commise sur Kyle Steyn avant la pause (38e). Mais les Écossais n’ont pas eu besoin de cela pour croquer leurs visiteurs.
Ils avaient en effet fait parler leur supériorité bien avant, dès le premier quart d’heure précisément avec une pénalité de Russell (5e), un essai de Huw Jones (10e) et un autre de Jamie Ritchie (14e, 17-0). Russell, fidèle à sa réputation de magicien, a brillé face aux perches et dans le jeu, ce qui a conduit, entre autres, au troisième essai signé Ben White (27e, 24-10).
L’Irlande évite le pire
Son homologue anglais, George Ford, s’est lui aussi mis en évidence avec, notamment, une feinte de passe fatale avant de servir Arundell sur le premier des deux essais anglais. Mais le n° 10 de Sale a également pénalisé son équipe avec une tentative de drop interceptée au cœur d’une longue séquence de possession anglaise, et que l’Écosse a bonifiée grâce à une contre-attaque de Huw Jones (53e, 31-13).
Steve Borthwick a injecté du sang neuf parmi ses avants en seconde période, avec les entrées de Tom Curry, Jamie George ou encore Henry Pollock, sans parvenir à renverser une situation fortement compromise. Un dernier essai de Ben Earl, transformé par Ford, a permis aux Anglais de réduire l’écart (78e, 31-20), mais c’était insuffisant pour arracher le bonus défensif.
L’Angleterre tentera de se relancer le week-end prochain à Twickenham contre l’Irlande, apparue elle aussi en petite forme malgré sa victoire face à l’Italie à Dublin (20-13). Menés 10 à 5 à la mi-temps, les Irlandais ont évité une embarrassante défaite grâce au timide sursaut opéré en seconde période.
Les Verts ont retrouvé un peu de couleurs sur la fin du match, avec l’aide de leurs entrants, mais ils n’ont même pas obtenu le bonus offensif espéré, neuf jours après une lourde défaite 36-14 en France. Les Italiens ont eux accroché le bonus défensif, un lot de consolation plus que mérité après avoir livré une prestation remarquable, dans la foulée de leur succès aux dépens de l’Écosse à Rome (18-15).
Pendant près d’une heure, ils ont caressé l’espoir d’une première victoire en Irlande dans le Tournoi. L’histoire s’est quand même écrite à l’Aviva Stadium derrière le sifflet porté par l’Écossaise Hollie Davidson, devenue la première femme à arbitrer un match du Tournoi des Six Nations masculin.