Devenu vendredi quadruple champion olympique grâce à sa démonstration dans le sprint, le biathlète Quentin Fillon Maillet a encore un peu plus forgé sa légende aux JO, en revenant à la hauteur des sept médailles de Martin Fourcade.
Sous le soleil resplendissant de la Südtirol Arena d’Anterselva, perchée à 1 600 mètres d’altitude, «QFM» est allé au bout de son effort, lançant le pied droit au moment de franchir la ligne d’arrivée, pour ne laisser aucun centième de seconde sur la piste, à l’issue d’un dernier U pour contourner le pas de tir. Quelques minutes plus tôt, il avait blanchi les dix cibles en contre-bas et avec sa performance sur les skis, il a rapidement su que le podium, voire la plus haute marche, n’était pas loin.
Mais il s’était élancé parmi les premiers du groupe des favoris et a donc dû attendre de longues minutes, jusqu’à l’arrivée de Vetle Christiansen et de Sturla Laegreid pour exploser de joie : «Je savais que le dernier tour allait être dur, parce qu’il fallait pousser très dur en vue d’une médaille, de la victoire et de la poursuite», a commenté le héros du jour.
Avec près d’une quinzaine de secondes d’avance sur les deux Norvégiens, Quentin Fillon Maillet s’est installé au sommet de l’Olympe pour la quatrième fois de sa carrière : «Ce qu’il réalise aujourd’hui, c’est vraiment très grand. Ça fait plus d’un an qu’il n’a pas gagné de sprint, ça fait un sacré paquet de temps qu’il n’a pas réussi à faire un sans-faute au tir couché. Donc, venir le faire ici aux Jeux olympiques avec cette médaille d’or, ça pose un bonhomme», a apprécié son entraîneur, Simon Fourcade, arrivé à la tête du groupe masculin à l’été 2023.
«Quand je vois qu’il a passé son tir couché avec 5/5, je lève presque les bras à ce moment-là, parce que je sais qu’il ne peut quasiment plus rien lui arriver», ajoute l’entraîneur.
Car le tir couché a très souvent joué des tours ces dernières années à «QFM», qui a toutefois trouvé des solutions avec l’entraîneur du tir Jean-Pierre Amat.
Aux JO-2022 de Pékin, déjà sur un site en altitude à Zhangjiakou (1700 m), Fillon Maillet était monté à cinq reprises sur le podium, deux fois pour prendre l’or (individuel et poursuite) et trois fois pour de l’argent (relais mixte, sprint et relais masculin).
À Anterselva, il en est déjà à deux titres en relais mixte et donc en sprint et, vu sa forme, sa moisson pourrait bien s’étoffer dans la poursuite dès dimanche, le relais masculin jamais titré aux Jeux mardi et la mass start vendredi, celle qui lui avait échappé il y a quatre ans (4e) et qui a hanté ses nuits.
Un autre record en danger
Avec sa septième médaille, il rejoint un autre biathlète, Martin Fourcade, comme Français le plus médaillé aux Jeux olympiques d’hiver. Mais Fourcade compte encore deux médailles d’or de plus que «QFM», record en danger sur ces JO-2026.
«Il a déjà quatre médailles collective et deux en individuel. En termes de positionnement dans l’histoire de l’olympisme, c’est d’ores et déjà une performance et je sais que ça ne s’arrêtera pas là», avait prophétisé le cadet des frères Fourcade.
«Ces Jeux olympiques qui se passent en altitude, ça met à merveille en valeur ses capacités d’adaptation, il a une légèreté. Beaucoup de respect pour Quentin», a ajouté Martin Fourcade, qui n’aurait pas de «frustration» à le voir passer devant lui.
L’histoire de Fillon Maillet aux Jeux avait pourtant mal commencé. En 2018, il s’était rendu à Pyeongchang «la tête ailleurs. Le contexte familial était compliqué, mon beau-père et ma compagne étaient touchés tous les deux par un cancer», expliquait-il à L’Équipe avant les Jeux.
«On attend un enfant avec ma compagne Lydie, donc je voulais lui dédicacer cette course, parce qu’elle me suit depuis très longtemps. C’est une personne exceptionnelle, qui m’a permis d’être ici aujourd’hui. Donc, merci à elle, et je dédicace ça aussi à notre futur enfant», a-t-il glissé vendredi après la course.