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[JO] Brignone, l’incroyable retour


Dix mois après sa terrible blessure, Federica Brignone signe un retour tonitruant au sommet du ski mondial. (Photo : afp)

Dix mois après une double fracture du tibia-péroné, l’Italienne Federica Brignone a réussi un exploit immense en remportant jeudi, devant son public, à 35 ans, son premier titre olympique avec l’or du super-G.

En terminant en argent, Romane Miradoli a elle réussi à 31 ans la course d’une vie en décrochant la première médaille olympique pour le ski alpin français aux JO de Milan-Cortina, la première pour les Bleues du ski alpin depuis 2002.

«Je suis repartie des JO de Pékin en pleurs, en me disant qu’il fallait que j’attende quatre ans, et finalement aujourd’hui c’était là, à portée de main», a réagi la skieuse de Flaine, qui vivait à Cortina ses 3e Jeux.

«J’ai rien lâché, j’ai su rebondir, mon ski ne s’était pas envolé», a poursuivi celle qui comptait le seul podium de toutes les Bleues du ski alpin cet hiver, en décembre à Saint-Moritz, en super-G déjà.

Juste avant, les avions de chasse italiens avaient pu parader aux couleurs vert-blanc-rouge dans le ciel de Cortina, et le public s’époumoner sur l’hymne national pour leur championne «Fede» Brignone, qui ne savait même pas il y a 10 mois si elle allait «pouvoir remarcher».

N° 1 mondial l’hiver dernier, championne du monde en géant, elle répétait depuis le début des JO qu’elle n’était pas «guérie», qu’elle avait toujours mal depuis cette terrible chute survenue en avril 2025, et qu’elle ne pouvait donc pas skier «à 100%».

Mais, jeudi, l’autoproclamée «Tigresse» a montré toute sa classe, à l’attaque du début à la fin malgré une météo pas évidente, tout en restant précise dans les courbes piégeuses qui ont poussé beaucoup de cadors à la faute.

«C’est incroyable, j’ai juste pensé à donner le maximum, je ne pensais pas pouvoir gagner l’or. J’y suis parvenue aujourd’hui, peut-être justement parce que je me voyais en outsider», a-t-elle exulté.

Elle a tout gagné!

Brignone a écrit là l’une des plus belles pages d’une carrière immense. «Or mondial, or olympique, globe général, globe du super-G, de la descente, du combiné… elle a tout gagné!», a résumé son frère Davide Brignone. «Il y a 10 mois, c’était impossible, je lui souhaitais juste de retrouver une vie normale. C’est comme dans un rêve», a-t-il ajouté, ému.

Après sa longue et douloureuse rééducation, «Fede» avait déjà réussi son pari fou en défilant le 6 février en tête de la délégation italienne lors de la cérémonie d’ouverture, 15 jours seulement après son retour à la compétition, avant une solide 10e place dans la descente olympique dimanche.

En franchissant jeudi la ligne d’arrivée en tête avec son dossard 6, elle a longuement salué le public local, aux anges de voir leur reine de retour au plus haut niveau.

Si la course n’était pas encore gagnée, l’Italienne a vu toutes les grandes favorites partir à la faute : la médaillée d’or américaine de la descente Breezy Johnson, celle d’argent Emma Aicher et celle de bronze, sa compatriote Sofia Goggia. Toutes se sont fait piéger et ont été contraintes à l’abandon (17 abandons au total).

«Félicitations Fede, quel retour incroyable», a réagi sur X la star américaine Lindsey Vonn, qui s’est fracturée la jambe gauche dimanche lors de la descente à Cortina.

«C’est incroyable de voir Federica de retour sur le podium après tout ce qu’elle a traversé… C’est l’une des filles les plus sympas du circuit», a aussi apprécié Breezy Johnson.

Derrière«Fede», Romane Miradoli, 2e à 41 centièmes, a enfin réussi à montrer son vrai visage en grands championnats, après plusieurs déceptions par le passé et un début de quinzaine compliqué à Cortina.

Trentenaire comme elle, Brignone n’a au passage pas boudé son plaisir «de partager le podium avec quelqu’un (qu’elle) connait depuis longtemps.» «C’est cool, elle a été vraiment forte», a dit l’Italienne.

La troisième place revient à l’Autrichienne Cornelia Hütter.

Romane Miradoli offre aux Françaises une première médaille olympique en ski alpin depuis Carole Montillet et Laure Pequegnot en 2002. Elle débloque aussi le compteur de médailles pour le ski alpin français en Italie (8e médaille pour la délégation), au lendemain de la frustrante 4e place de Nils Allègre en super-G.

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