SAISON 2026 Avant de se défier de nouveau, les duettistes de McLaren mettent sous le tapis leur rivalité née en 2025, Oscar Piastri assurant qu’il sera traité avec «équité» et le champion du monde Lando Norris affichant sa sérénité.
La légendaire écurie avait choisi cette semaine son siège ultraprotégé de Woking, à 50 kilomètres au sud de Londres, pour deux «conversations» distinctes avec l’Australien Piastri, puis le Britannique Norris, animées par l’ancien pilote star devenu commentateur télé, Martin Brundle.
Devant une poignée de journalistes, sans photo ni vidéo, les pilotes se sont succédé sur la scène d’un amphithéâtre en sous-sol pour parler séparément de la saison à venir, qui pourrait avoir un goût de revanche pour Piastri.
Dans une scénographie très maîtrisée, les deux se sont croisés sans échanger un regard : «La dernière saison ne s’est évidemment pas terminée comme je le voulais, mais c’est bien de passer outre», a commencé Piastri, troisième du championnat du monde après avoir fait la course en tête la moitié de l’année.
Mais, a-t-il euphémisé d’une voix douce, «nous nous sommes probablement infligé des prises de tête inutiles».
«Des choses auraient pu être mieux faites et des situations gérées différemment», même si, «à aucun moment, il n’y a eu de mauvaises intentions», a critiqué Piastri de manière feutrée.
L’Australien de 24 ans faisait allusion aux «règles papaye» (une des couleurs des McLaren) selon lesquelles le duo a le droit de lutter au volant, mais à condition de ne jamais accrocher les monoplaces.
«Tant que les deux pilotes ont une chance de remporter le championnat du monde (…), ils sont libres de courir», avait martelé début décembre le patron de McLaren, Zak Brown, avant le dernier Grand Prix à Abou Dhabi qui avait finalement sacré Norris, deux points devant le quadruple champion du monde Max Verstappen (Red Bull) et 13 longueurs devant Piastri.
Brown avait toutefois rappelé qu’il donnerait des consignes «dans le meilleur intérêt de l’équipe pour essayer de remporter le championnat des pilotes», alors que Verstappen menaçait de rafler un cinquième titre.
Car après un début de saison parfait pour Piastri, la seconde partie avait été émaillée d’erreurs tactiques de McLaren, qui a toujours refusé officiellement de privilégier un pilote plutôt que l’autre.
Sauf qu’au Canada en juin, la voiture de Norris avait accroché celle de Piatsri, offrant la victoire à la Mercedes de George Russell.
Refus de choisir
Puis, McLaren avait demandé deux fois à ses pilotes d’intervertir leurs positions en course : en Hongrie au profit de Piastri et en Italie à l’avantage de Norris, ce que l’Australien avait peu goûté.
Mais refuser de choisir avait coûté cher à McLaren il y a près de 20 ans. En 2007, la rivalité entre l’Espagnol Fernando Alonso, alors double champion du monde en titre, et le jeune Britannique de l’époque, Lewis Hamilton, avait profité à Kimi Räikkönen et à Ferrari.
Devant la presse mardi soir, Piastri a reconnu qu’il avait bénéficié de «chances équitables l’an dernier» et que Norris «méritait d’être champion».
«Je m’attends à ce que cela reste exactement pareil» en 2026, a toutefois prévenu l’Australien d’origine italienne, réputé plus froid que le Britannique né il y a 26 ans d’une mère belge et d’un père anglais.
Norris, toujours souriant, à la personnalité apparemment chaleureuse et qui n’a jamais caché ses doutes et sa vulnérabilité comme coureur en F1, a laissé entendre qu’il ne se battrait pas à tout prix pour une seconde couronne mondiale.
«Je me vois encore de nombreuses années en Formule 1 et j’essaierai toujours de gagner autant de titres que possible», a-t-il d’abord assuré, alors que Brundle le comparaît aux légendes Michael Schumacher, Hamilton et Verstappen.
Avant de poursuivre : «Si je n’y parviens jamais, je resterai très heureux. J’en ai gagné un (…) J’ai atteint mon objectif dans la vie.»