[France] Après une saison extrêmement chaotique, l’OM, qualifié dimanche pour la Ligue Europa, va repartir avec un état-major totalement renouvelé, un nouveau directeur sportif et un nouveau président, Stéphane Richard, confronté à des défis sportifs et économiques d’ampleur.
Le fameux « projet à trois ans » qui réunissait Benatia, l’entraîneur Roberto De Zerbi et le président Pablo Longoria a explosé en vol et les protagonistes ne sont plus à Marseille : De Zerbi coache Tottenham, Longoria est directeur sportif de River Plate en Argentine et Benatia a vécu son dernier match dimanche soir.
Lorenzi en directeur sportif?
Désormais, la suite appartient au nouveau président Stéphane Richard, présenté au mois d’avril par le propriétaire américain du club Frank McCourt, et qui ne prendra officiellement ses fonctions que le 2 juillet. Avec notamment à gérer le dossier crucial de l’identité de l’entraîneur qui prendra place sur le banc olympien la saison prochaine.
« Il y a un comité de liaison, il prend ses marques de façon très active parce que le but est justement d’être pleinement opérationnel le 2 juillet », nuance-t-on dans l’entourage du nouveau président.
De fait, l’ancien patron d’Orange a été régulièrement présent à Marseille et auprès de l’équipe. Il était encore au Vélodrome dimanche et a accompagné la pénible fin de saison du club, en étant associé à certaines prises de décisions, comme les dernières mises au vert ou la sanction contre Pierre-Emerick Aubameyang dans « l’affaire de l’extincteur ».
Pour la suite, il avait fixé comme mots d’ordre lors de sa conférence de presse de présentation « l’apaisement » et « la stabilité », deux voeux pieux dans l’explosif contexte marseillais. Sur la partie sportive, il sera épaulé par un nouveau directeur sportif, qui pourrait être Grégory Lorenzi, architecte des récentes réussites brestoises.
« Si c’est lui, je serai très content pour lui et le club (…) Il a fait ses preuves, il a une grande expérience. Pour moi, c’est un choix intelligent de la direction », a expliqué dimanche Benatia, qui de son côté quitte le club après deux années et demi agitées.
Bientôt l’écueil de la DNCG
Au plan financier, alors qu’un délicat passage devant la DNCG est prévu à brève échéance, la qualification obtenue dimanche pour la Ligue Europa est un pis-aller pour l’OM, qui visait la Ligue des champions et ses revenus garantis en dizaines de millions d’euros.
Or, selon une source au sein du club, qui pointe notamment la responsabilité de Pablo Longoria, « la situation financière dont va hériter Stéphane Richard est grave, très alarmante ». « Il a montré qu’il était un manager capable de gérer ce genre de réalité économique. Il va amener de la rationalité et il était temps », a estimé la même source.
Pour un autre membre du club, Stéphane Richard pourrait tout de même « être surpris par la dimension de l’entreprise ». « C’est une petite boite, ça n’est pas Orange ou le CAC40 et il n’y a pas d’énarques », a déclaré cette source. « C’est comme une PME de province avec une audience internationale, oui, mais il en est conscient », répond-on dans son entourage.
Après la fin du triumvirat Longoria/Benatia/De Zerbi, c’est en tous cas d’une page blanche que repartent l’OM, Stéphane Richard et ceux qui se joindront à lui. Mais il y aura au moins l’Europe pour lancer cette nouvelle histoire.