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[Football] Le blues des fans de Strasbourg


Largement contesté par les fans du club, le président strasbrougeois Marc Keller (à droite) a rejeté l'idée d'une démission lors de la conférence de presse de présentation du nouveau coach Gary O'Neill (Photo afp).

[FRANCE] Les supporters strasbourgeois vivent avec fatalisme, colère, voire comme une humiliation le départ de leur entraîneur, Liam Rosenior, pour Chelsea, navire amiral de BlueCo, à la tête des deux clubs.

Dès son arrivée, le nouveau coach anglais de Strasbourg, Gary O’Neil, s’est assis là où Liam Rosenior avait fait ses adieux, la veille, lors d’une conférence de presse au stade de la Meinau. Mais ni l’annonce de son départ à Chelsea par Rosenior en personne, fait rare, ni celle, très rapide, de son successeur, ne devraient suffire à désamorcer la fronde contre la direction du club.

À peine Rosenior avait-il tourné les talons pour rejoindre Londres, mardi, que la Fédération des supporters du RCS (FSRCS) a demandé au président strasbourgeois, Marc Keller, de «partir». «Le transfert de Liam Rosenior marque une étape supplémentaire, humiliante, dans l’asservissement du Racing à Chelsea, a écrit l’association aux 350 licenciés. Le problème est structurel, c’est l’avenir du football de clubs français qui est en jeu. Chaque contorsion supplémentaire de Marc Keller est une insulte au formidable travail réalisé avant 2023.»

La FSRCS s’est invitée au premier rang d’une contestation menée, depuis l’arrivée du consortium américain en tant qu’actionnaire majoritaire à l’été 2023, par les Ultra Boys 90, principal groupe d’ultras (1000 adhérents) strasbourgeois. À ce sujet, une proposition de loi transpartisane visant à interdire la multipropriété a été déposée par le député de La France insoumise Éric Coquerel, en septembre dernier, pour être étudiée à l’Assemblée nationale prochainement.

«Le foot-business à plein tube»

Présent lors de la présentation de Gary O’Neil mercredi, Marc Keller a balayé l’idée de démissionner. Le dirigeant, qui a longtemps incarné le retour du club alsacien au premier plan, a reconnu que le départ de Rosenior «n’était pas prévu» et a dit «comprendre la déception des supporters». Mais pour lui, il faut raisonner «à moyen terme» et voir les bénéfices apportés par l’actionnariat de BlueCo : «Depuis deux ans et demi, la balance pour notre club est très, très positive», dit-il.

Alors que le départ de Rosenior semblait imminent, lundi, Julien Koller, supporter allemand venu de Karlsruhe pour la reprise de l’entraînement, était déjà «furieux et déçu» : «Avec BlueCo on joue avec le feu, je connaissais le risque : que les joueurs s’en aillent, mais que l’entraîneur s’en aille soudainement, ça me rend triste et me déçoit», a soufflé le trentenaire.

Antoine, autre courageux à avoir bravé le froid pour se rendre au centre d’entraînement, se dit «humilié», lui. «On a connu une décennie dorée avec la remontée du monde amateur, maintenant bienvenue dans le foot-business à plein tube», a pesté l’homme de 34 ans, qui «comprend» toutefois le choix de Rosenior, car entraîner Chelsea, «ça ne se refuse pas».

Les résultats du club désormais emmené par Gary O’Neil, en retard sur ses objectifs européens (7e de Ligue 1, un seul succès lors des sept derniers matches), joueront forcément dans l’humeur de la Meinau. En attendant, ce départ porte un nouveau coup au moral des fans strasbourgeois, après la signature annoncée en septembre, mais effective l’été prochain, du capitaine Emanuel Emegha à… Chelsea.

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