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[Football] Le bilan du Maroc terni par une finale chaotique


Le chaos dans lequel la finale a basculé dimanche ternit le bilan du pays hôte (Photo : afp).

[CAN-2025] Soucieux de démontrer ses talents d’organisation avant d’accueillir le Mondial-2030, le Maroc a fait un quasi-sans-faute… jusqu’à la finale, qui risque d’entacher durablement son bilan.

La finale, chaos en mondovision…

«On a retrouvé la CAN», se sont esclaffés quelques journalistes européens venus couvrir le tournoi, un brin condescendants, bluffés par l’organisation qu’ils avaient constatée jusqu’à la finale entre le Maroc et le Sénégal (0-1 a.p.) mais pas vraiment surpris par le spectacle qui leur a été offert lors des dix dernières minutes de son temps réglementaire. De fait, ce sont les images qui resteront à la postérité de la Coupe d’Afrique marocaine, dont les organisateurs ne sont qu’en partie responsables, mais qui leur seront irrémédiablement imputées.

La colère des joueurs sénégalais quittant le terrain, la bagarre générale entre les supporters sénégalais et les stadiers secondés par les forces de l’ordre, l’énorme tension entre journalistes marocains et sénégalais jusque tard dans la nuit : rien de tout cela n’a échappé à Gianni Infantino, présent au stade Moulay-Abdellah dimanche à Rabat. Le puissant patron de la FIFA, affligé par les évènements, a condamné lundi des «scènes déplorables» qui «doivent ne jamais se reproduire».

Il ne tolérera pas qu’elles aient lieu lors du Mondial-2030, une compétition FIFA que le Maroc organisera conjointement avec l’Espagne et le Portugal. Dans sa quête pour obtenir la finale de la Coupe du monde qu’il se dispute avec l’Espagne, le royaume chérifien, en pleine construction près de Casablanca du plus grand stade du monde, à la capacité de 115 000 places, n’a pas marqué des points.

 

…et autres contrariétés

D’autant que du marasme de fin ont ressurgi toutes les petites imperfections d’une organisation plutôt réussie : la sécurité des joueurs sénégalais notamment à leur arrivée à Rabat, laissés en pâture à une foule immense venue les accueillir sans aucun garde-fou. La billetterie, mal proportionnée et souvent commercialisée au détriment des adversaires du Maroc, a contribué à tendre l’atmosphère entre les fédérations marocaine et sénégalaise la veille de la finale. La revente illégale de billets a également explosé pendant le tournoi qui, jusqu’à l’empoignade finale, avait pourtant globalement tenu ses promesses.

 

Une réussite malgré tout

Cette 35e édition de la CAN est «la plus réussie de toute l’histoire de cette compétition», avait estimé un peu prématurément la veille de la finale Patrice Motsepe, le président de la Confédération africaine (CAF). «La qualité du football est de classe mondiale. La qualité des stades, des infrastructures, des installations est de classe mondiale», ajoutait-il devant un parterre alors unanimement d’accord avec lui. Météo, stades, pelouses : rarement une Coupe d’Afrique s’était jouée dans des conditions aussi proches des standards européens.

Rapport de cause à effet : la compétition n’a réservé aucune surprise, les grosses nations ont toutes été au rendez-vous des derniers tours, offrant aux spectateurs des grosses affiches en quarts puis en demi-finales. Avec 121 buts inscrits, cette édition a d’ailleurs été la plus prolifique de l’histoire et le plus grand succès commercial de l’histoire du football africain, selon la CAF qui a engrangé 55 millions de dollars avec la vente de tickets, cinq fois plus qu’à la CAN précédente.

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