[À L’ÉTRANGER] Le président de la FIFA a plaidé pour la première fois pour la levée de la suspension dans les compétitions internationales. Une position jugée «irresponsable» par l’Ukraine.
Infantino est allé même plus loin en affirmant que la FIFA devrait envisager de modifier ses règles afin qu’aucun pays ne puisse être à l’avenir suspendu de ses tournois.
«Nous ne devrions en réalité jamais interdire à un pays de jouer au football, en raison des actes de ses dirigeants politiques. Je suis contre les interdictions, je suis également contre les boycotts. Je pense qu’ils n’apportent rien. Ils ne font que contribuer à davantage de haine», a-t-il lancé.
«Irresponsable, voire infantile»
La sortie de Gianni Infantino a été logiquement très bien accueillie côté russe, le Kremlin saluant ces déclarations, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov. «Cela fait vraiment longtemps qu’on aurait dû y penser.» Tout le contraire de l’Ukraine, qui s’est insurgée contre ces propos. Le ministre des Sports Matvii Bydnyi les a dénoncés sur Facebook, les qualifiant d’«irresponsables, voire « infantiles »».
«Tant que les Russes continuent de tuer les Ukrainiens et de politiser le sport, leur drapeau et symboles nationaux n’ont pas de place parmi les gens qui respectent les valeurs comme la justice, l’honnêteté et le fair-play», a-t-il souligné. «679 filles et garçons ukrainiens ne pourront jamais jouer au foot – la Russie les a tués», a affirmé pour sa part sur X le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriy Sybiga.
La réintégration éventuelle des équipes russes s’annonce néanmoins délicate car leur exclusion n’avait pas été décidée par la seule FIFA mais conjointement avec l’UEFA – ce qui est rarissime – pour «afficher la totale unité» du football après l’invasion russe de l’Ukraine. Or dans l’intervalle, l’UEFA a clairement lié le retour des Russes à la fin du conflit.
L’UEFA avait tenté en 2023 de ramener les sélections russes des moins de 17 ans dans ses compétitions, estimant que les adolescents devaient être traités différemment, mais avait dû y renoncer. «Cela a été une telle hystérie politique, une telle pression sur certains membres du comité exécutif», racontait alors Ceferin.