TOUR DE LOMBARDIE Plus jeune vainqueur de l’histoire de son premier Monument, Paul Seixas a bouclé en beauté samedi une saison éblouissante.
«Dans un rêve»
Sa deuxième saison, prolongée par une participation «pour le fun» dimanche matin au Roc d’Azur, un événement VTT dans le Var, est venue confirmer les premières promesses, et même un peu plus. «J’ai parfois l’impression d’être dans un rêve. C’est une saison fantastique», a-t-il dit samedi soir avant de monter dans la voiture le conduisant jusqu’à son domicile à Nice.
Obsédé en début d’année par l’objectif de lever les bras, il ouvre son compteur en février sur la deuxième étape du Tour de l’Algarve. Il enchaîne sur un raid solitaire «pogacaresque» dans l’Ardèche Classic, suivi d’une deuxième place aux Strade Bianche derrière le Slovène.
Début avril, il devient le premier Français depuis 2007 à gagner une course par étapes World Tour, au Tour du Pays basque. Avant d’éblouir la planète cyclisme avec un succès à la Flèche Wallonne et une deuxième place, toujours derrière Pogacar, à Liège-Bastogne-Liège. «Il faut que je me dépêche de gagner avant qu’il ne nous détruise tous», explique alors un Pogacar lui aussi scotché.
Quelques jours plus tard, Seixas annonce, dans une vidéo tournée chez ses grands-parents, sa participation au Tour de France, où il est le plus jeune coureur au départ depuis 89 ans. Il terminera au pied du podium, déçu, malgré cette performance incroyable à son âge.
«C’est ma passion»
Auparavant, il connaît le premier accroc de sa carrière avec une chute et un abandon sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes. D’autres nuages l’attendent en septembre au Canada, avec d’abord un sprint raté au GP de Montréal face à Isaac Del Toro, «une erreur de cadet». Et ensuite sa quinzième place aux championnats du monde où, victime de crampes, il se livre à une violente autocritique en parlant de «honte».
Tout cela a été balayé samedi à Côme avec sa huitième victoire, la plus belle, au terme d’une saison où il aura fait preuve d’une régularité remarquable, ce qui n’est pas toujours l’apanage de la jeunesse. «Ça a toujours été ma marque de fabrique, souligne-t-il. Je n’ai pas de périodes de hauts et de bas. Je suis toujours motivé, sérieux à l’entraînement. C’est ma passion.»
Les résultats et le niveau déjà atteint par le phénomène, en avance sur les temps de passage des meilleurs de tous les temps, ouvrent des perspectives assez vertigineuses pour la suite. Peut-il rivaliser avec Pogacar dès l’année prochaine? Viser rapidement la victoire sur le Tour de France qui échappe aux Français depuis Bernard Hinault en 1985?
«Battre Pogacar, c’est encore autre chose. Mais bien sûr que c’est une motivation», glisse le Français, qui aura également un choix fondamental à faire. Car 2027 sera la dernière année de son contrat avec Decathlon CMA CGM qui fera tout pour conserver son joyau, alors que la concurrence, à commencer par l’équipe UAE de Pogacar, est plus que jamais à l’affût après le couronnement du jeune roi à Côme.
1. Seixas (FRA/DCT) les 239 km en 5 h 49’28 (moy. : 41 km/h); 2. Mas (ESP/MOV) à 48 sec; 3. Ciccone (ITA/LTK) 1’05; 4. Evenepoel (BEL/RBH) 1’20; 5. McNulty (USA/UAD); 6. Pidcock (GBR/Q36); 7. Bilbao (ESP/TBV); 8. Scaroni (ITA/XAT); 9. Zana (ITA/SOQ); 10. Rondel (FRA/TUD); 11. Debruyne (BEL/APC); 12. Healy (IRL/EFE) tmt; 13. Widar (BEL/LOI) 2’0614. Onley (GBR/IGD); 15. Berthet (FRA/GFC); 16. Piganzoli (ITA/TVL) tmt; 17. Landa (ESP/SOQ) 2’29; 18. Tulett (GBR/TVL) 2’51; 19. Fancellu (ITA/MBH) 2’51; 20. Maisonobe (FRA/COF) 2’51; 21. Storer (AUS/TUD) 3’52; 22. Leonard (CAN/EFE) 3’53; 23. Jorgenson (USA/TVL) 4’23; 24. Moniquet (BEL/COF) 4’27; 25. O’Connor (AUS/JAY) 4’33; 26. Bennett (NZL/NSN) 4’52; 27. Van Eetvelt (BEL/LOI) tmt; 28. Del Toro (MEX/UAD) 4’59; 29. Yates (GBR/UAD) mt; 30. Velasco (ITA/XAT) 5’29…