Interpellé ce mardi à la Chambre, le Premier ministre, Luc Frieden, a annoncé que le Grand-Duché ne sera pas impliqué dans la dissuasion nucléaire avancée annoncée par la France.
Marc Hansen (DP) a profité de l’heure de questions pour en savoir plus sur le positionnement du gouvernement luxembourgeois par rapport aux annonces du président français sur la nouvelle doctrine de dissuasion nucléaire de la France.
Emmanuel Macron a proposé, lundi, une coopération nucléaire inédite pour la défense de l’Europe, assortie d’une augmentation de l’arsenal français. Huit pays européens ont été invités à former cette nouvelle alliance : Allemagne, Royaume-Uni, Pologne, Pays-Bas, Belgique, Grèce, Suède et Danemark.
Le Premier ministre a précisé devant la Chambre que le président français lui avait fait part – en marge de la visite d’Emmanuel Macron en octobre au Luxembourg pour le changement de règne – des «grandes lignes» du projet de dissuasion avancée. Une invitation formelle à faire part de cette nouvelle alliance n’a pas été soumise au gouvernement luxembourgeois.
«Des armes nucléaires sont déjà stationnées sur le territoire de nos deux partenaires du Benelux. Le Luxembourg a toujours refusé un tel stationnement. Notre aéroport ne dispose pas des installations requises, comme des bunkers pour protéger des avions de combat équipés d’armes nucléaires», avance Luc Frieden. À ce stade, il ne serait donc pas possible de stationner des ogives au Grand-Duché. Et la position du gouvernement reste inchangée : «Il n’y a pas eu demande pour un tel stationnement et nous n’envisageons pas de le faire dans un futur proche.»
Le Luxembourg salue par contre la nouvelle doctrine française, qui sera complémentaire à la stratégie de dissuasion de l’OTAN.