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Un étudiant tabasse un ado qui parlait trop fort sous sa fenêtre


Le jeune homme est complètement sorti de ses gonds après avoir été dérangé par des jeunes qui parlaient et riaient fort sous sa fenêtre. (Photo d’illustration : le républicain lorrain/stéphanie paquet)

THIONVILLE Un étudiant au casier judiciaire vierge comparaissait devant le tribunal correctionnel pour s’être déchaîné sur un adolescent qui parlait trop fort sous sa fenêtre à Fameck. Il a été condamné.

C’est un jeune homme âgé de 21 ans, étudiant à la faculté de droit de Metz qui, le 8 mars, a littéralement pété les plombs. Alors qu’il se trouve dans sa chambre, chez ses parents à Fameck, il entend du bruit dehors. Deux adolescents âgés de 14 et 15 ans parlent et rient fort sous sa fenêtre. Des invectives fusent de part et d’autre : le duo finit par prendre la fuite dans les rues de la ville.

Fou de rage, le jeune homme quitte le domicile, monte dans sa voiture et prend en chasse les deux ados qui, à une intersection, se séparent. L’étudiant en suit un, s’arrête à son niveau, sort de la voiture et le roue de coups. Une déferlante de coups de poing et de pied s’abat sur le visage du garçon âgé de 15 ans. Une fois son calvaire terminé, il appelle les secours et est conduit à l’hôpital : onze jours d’incapacité totale de travail (ITT) lui sont prescrits.

Ce jeudi, dans le box des prévenus, le jeune homme inconnu de la justice n’en mène pas large. Il tente de justifier ce passage à tabac. «J’ai entendu des cris et j’ai reçu des jets de projectiles dans mon volet. Je me suis senti en danger et j’ai eu peur.» Philippe Rousseau, le président de l’audience, recadre : «Ce n’est pas de la peur, mais une véritable vendetta. Pour un caillou sur votre volet, vous les poursuivez assez loin quand même. Un des deux a dû se cacher et attendre que vous partiez. C’est plutôt eux qui ont eu peur.»

«Il m’a enchaîné au sol»

À la barre, l’adolescent de 15 ans porte encore les stigmates des violences sur son visage. «Il n’y a jamais eu de projectile. Quand il s’est arrêté à ma hauteur, il est venu vite vers moi… J’ai pris une pêche dans la figure et il m’a enchaîné au sol pendant que je lui disais pardon.» À ces mots, le prévenu présente ses excuses sans pour autant le regarder.

La personnalité du mis en cause est abordée. Les juges découvrent qu’il a fait du kickboxing en club de ses 5 ans à ses 12 ans, qu’il est étudiant en troisième année, qu’il n’a pas d’addiction… Et qu’il est colistier pour les élections municipales. «C’est incompréhensible. Il s’exprime correctement, semble instruit… Comment on a pu en arriver là? Mon client a quand même eu la trace de la semelle de chaussure imprimée sur la tête», commente Me Damien Rodrigues, avocat de l’adolescent. Le ministère public partage son incompréhension. «Le motif est futile. Pendant les coups, il n’y a pas un échange, pas une parole. Le mis en cause ne s’arrête que parce qu’il voit du sang couler.» Huit mois de prison ferme sont requis.

Me Sébastien Greuzat, avocat de la défense, fait valoir le casier vierge de son client. «La peine doit prendre en considération la personnalité de l’intéressé. Des soins psychologiques et du sursis au-dessus de sa tête comme épée de Damoclès suffiraient.»

Le tribunal, après délibération, condamne l’étudiant à six mois de prison ferme aménageables en port d’un bracelet électronique. En complément, le désormais condamné se voit retirer de la liste électorale sur laquelle il figurait, a obligation de se soigner et a interdiction d’entrer en contact avec les deux adolescents.

Benjamin Ecuyer
(Le Républicain lorrain)

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