Une femme de 37 ans a assuré devant les juges qu’elle ne savait pas que les 72 billets de 50 euros retrouvés chez elle étaient faux.
Septembre 2025, à Thionville. Alors qu’elle quitte son domicile pour aller faire les courses, une femme de 37 ans tombe sur un sac en plastique à peine dissimulé, entre deux voitures. À l’intérieur, une liasse de billets de 50 euros. C’est du moins l’histoire qu’elle avance à son procès, mardi 27 janvier, au tribunal de Thionville. Au lieu d’alerter les forces de l’ordre, elle les garde. Puis les utilise. Le 10 septembre, alors qu’elle surveille son fils de 9 ans en train de jouer au football dans un parc thionvillois, elle approche deux jeunes filles, mineures, et leur confie une mission : se rendre à la boucherie du coin et acheter pour dix euros de saucisses avec un des billets de 50 euros.
Le commerçant n’y voit que du feu, alors la trentenaire renouvelle l’expérience vingt minutes après. Mais loin d’être le dindon de la farce, il se rend compte de la supercherie et alerte les forces de l’ordre. Une perquisition est orchestrée au domicile de la femme. Les policiers mettent la main sur soixante-douze billets qui, après un examen minutieux, se révèlent être tous faux.
«Je ne savais pas»
«Je ne savais pas qu’il s’agissait de faux billets», martèle la prévenue à l’audience. Philippe Rousseau, président de l’audience, semble perplexe : «Votre volonté ne serait-elle pas d’acheter à moindre coût avec ces faux billets pour récupérer de la vraie monnaie?» « Non, je n’ai jamais réfléchi à ça», affirme la mise en cause.
Doute partagé du côté du ministère public. «Elle avait conscience qu’ils étaient faux. Sinon, pourquoi envoyer deux mineures faire ses courses…», souffle Anne-Charlotte Gerhart avant de requérir douze mois de prison avec sursis.
Me Catherine Le Menn-Meyer, avocate de la prévenue, plaide la relaxe. «Le boucher a encaissé une première fois sans se poser de questions. Comment ma cliente aurait-elle pu savoir qu’il s’agissait de faux billets?», lance-t-elle au tribunal, qui décide néanmoins de suivre les réquisitions du ministère public.