Samedi soir, avant 21 h, un piéton a été renversé rue Émile-Mark. Il a été grièvement blessé. Un enfant de deux ans avait été renversé et tué au même endroit en 2016.
Peu avant 22h, rue Emile-Mark, un camion des sapeurs-pompiers vient de quitter les lieux et les agents de la police grand-ducale sont encore en train d’effectuer des mesures sous les yeux des habitants du quartier à quelques pas du passage piéton noirci par d’impressionnantes traces de freinage. Les passants et les curieux attirés là par l’embarras de circulation et les gyrophares éclairant la nuit s’enquièrent les uns auprès des autres de ce qu’il s’est passé.
C’est auprès des habitants se tenant sur le pas de leur porte, encore choqués par ce qui s’est déroulé juste devant chez eux, qu’ils apprendront le terrible drame qui vient de se produire. Un homme qui s’engage sur ce passage piéton situé presque à l’intersection de la rue Emile-Mark et de la rue de la Chapelle, une voiture qui arrive sans doute trop vite, et le choc, inévitable.
Les riverains n’ont pas forcément vu l’instant fatal, mais, alertés par le bruit, ont pu voir pour certains le conducteur sortir de sa voiture. Une jeune femme habitant là est dans ce cas : « Il est sorti de la voiture, il n’a pas réagi véritablement. Il ne s’est pas approché de la victime. Il a bu de l’eau et s’en est ensuite mis sur la tête. Les policiers sont arrivés très, très vite. Le conducteur a soufflé dans l’éthylotest et il a été tout de suite menotté. » À propos de la victime gisant au sol, à une bonne quinzaine de mètres du passage piéton, elle dit avoir vu qu’elle avait un « énorme trou à la tête ». Ce qui n’est pas étonnant vu l’état du pare-brise de la voiture fautive, troué par le piéton.
Cette jeune femme confirme ce qu’un jeune homme de 22 ans nous a rapporté peu avant : un jeune garçon avait été renversé au même endroit ou presque il y a dix ans, rue de Soleuvre, le nom de l’artère où on se trouve après son intersection avec la rue de la Chapelle. L’enfant avait surgi sur la route et le chauffeur d’un camion n’avait rien pu faire pour l’éviter. La jeune victime était décédée sur les lieux. Elle avait deux ans.
Ce drame qui s’est produit en 2016, le jeune homme de 22 ans s’en souvient. «J’étais à l’école Fousbann à l’époque. La sœur du petit garçon était dans ma classe. Je me souviens qu’on ne l’avait plus vue pendant plusieurs semaines. J’étais jeune, ça m’a marqué. » Il ajoute que dans cette rue, il a souvent assisté à des freinages un peu secs d’automobilistes voulant éviter le pire.
Que s’est-il passé exactement ce samedi soir sur cette chaussée mouillée par la pluie? L’enquête le dira. Seules indications pour l’heure, les traces de freinage très marquées sur plusieurs mètres, le trou dans le pare-brise de la voiture, le tout dans un lieu bien éclairé et sur un passage piéton large et très visible.

Les traces de freinage ont noirci le passage piéton. (Photo : M. S.)