Avec deux condamnations pour vol à son actif, la note risque cette fois d’être salée pour le prévenu en proie à ses addictions.
«Mon client n’a pas la tête d’un délinquant.» C’est l’avocat de Nicolas qui le dit. Pourtant le quadragénaire est déjà tombé à deux reprises pour des vols et cette fois, cela risque de lui coûter sa liberté.
Le 6 octobre dernier, le prévenu, ancien comptable, a entassé une barquette de sushis et des bouteilles d’alcool pour une valeur de 158 euros dans son sac à dos avant de quitter les supermarché en espérant ne pas se faire prendre par les vigiles. Des images de vidéosurveillance le montrent en action avant de se faire prendre la main dans le sac.
À la barre de la 12e chambre correctionnelle du tribunal d’arrondissement de Luxembourg jeudi matin, il a expliqué avoir «des soucis» et être «suivi par les services compétents». Une séparation «douloureuse» aurait fait basculer sa vie dans le mauvais sens. Il s’est mis à boire de plus en plus et a fini par perdre son emploi.
«Le prévenu est une personne très fragile», explique son avocat. «Il ne peut résister au désir de consommer de l’alcool.» À tout prix, même celui du vol. Le souci, comme lui a rappelé le président du tribunal, c’est qu’il a déjà été condamné à deux reprises et que les sursis accordés son susceptibles de tomber.
Travail d’intérêt général
Il est condamné une première fois pour vol le 14 juillet dernier et écope de 12 mois de prison assortis du sursis probatoire intégral. Trois semaines plus tard, le 8 août, rebelotte! Cette fois, il prend trois mois ferme sur 15. À peine sorti de détention, il récidive.
Pour la représentante du parquet, ces condamnations n’ont pas été suffisamment dissuasives. Elle a requis une peine de 18 mois de prison fermes auxquels s’ajouteront les deux fois 12 mois de sursis accordés jusque-là. Soit un total possible de 42 mois de détention.
«La prison comme sanction n’est pas la solution», décrète l’avocat qui prie le tribunal de condamner son client à des travaux d’intérêt général pour lui éviter une condamnation à de la réclusion et de purger ses 24 mois de sursis.
Le juge n’a pas paru opposé à cette solution, mais a exigé des garanties de la part de Nicolas que leurs routes ne se recroiseront pas à nouveau. Le prononcé est prévu le 5 février.