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Abusée sexuellement, la serveuse avait mis le feu au café


Le 11 août 2011, vers 19h, le café des Amis, situé rue de Longwy à Niederkorn, était dévasté par les flammes. (photo illustration AFP)

La serveuse d’un café abusée sexuellement avait par désespoir incendié son lieu de travail à Niederkorn. Le procès est en cours.

Le 11 août 2011, vers 19h, le café des Amis, situé rue de Longwy à Niederkorn, était dévasté par les flammes. Au moment des faits, cinq personnes se trouvaient dans les chambres à l’étage. Lors de leur intervention, les pompiers avaient sauvé une personne qui s’était réfugiée sur le toit. Deux autres se trouvaient au bord d’une fenêtre. Le feu avait pris au premier étage. En raison de la construction en bois, l’incendie s’était rapidement propagé au deuxième étage et sous les toits.

À l’origine de cet incendie se trouve une femme âgée aujourd’hui de 26 ans. Placée sous contrôle judiciaire, cette dernière comparaît actuellement devant la 9e chambre criminelle. À l’époque, elle travaillait au café et logeait dans une petite chambre. « Jusqu’à ce qu’elle fasse son aveu, on n’a rien décelé », a récapitulé un enquêteur de la police judiciaire, lundi à la barre.

Plusieurs pistes avaient été envisagées, à l’époque. Ainsi, un client du café avait été suspecté, car il avait découvert trois des cinq incendies. Mais au vu des témoignages et des retraçages téléphoniques, cette piste avait rapidement été écartée. Selon l’enquête, avant le grand incendie, plusieurs incidents avaient déjà eu lieu au sein de l’établissement. Ainsi, la veille, vers 23  h, une poubelle avait brûlé dans la cuisine. Le jour même, une autre poubelle avait pris feu à proximité du comptoir. Enfin, aux toilettes, du papier avait brûlé et un quart d’heure avant le grand incendie, du papier brûlait sur un tapis au premier étage.

Plus de 571 000 euros de dommages réclamés

Après avoir été entendue quatre fois par la police, la prévenue avait fini par reconnaître les faits, le 15  novembre  2012. Elle avait avoué avoir mis le feu à une poubelle dans l’après-midi et au matelas dans la soirée. Son motif  : elle expliquait avoir été maltraitée par son patron. À l’expert psychiatre, elle avait confié avoir mis le feu pour nuire au patron après avoir été harcelée sexuellement. Elle aurait voulu « aider les autres filles à sortir du café ». L’expert n’a pas décelé chez la prévenue de trouble psychiatrique ayant entraîné l’abolition de son discernement.

À noter que l’ancien patron de ce café à Niederkorn, poursuivi pour viols sur deux serveuses en 2010 et 2011, a été reconnu coupable par la 13 e  chambre criminelle. Le quadragénaire a écopé mi-février de 16  ans de prison, dont six avec sursis. Mardi prochain s’ouvrira son procès en appel.

Dans ses dépositions à la police, la prévenue avait expliqué avoir mis le feu à un coin de matelas à l’aide d’un briquet. Les quatre parties civiles réclament aujourd’hui plus de 571 000 euros de dommages et intérêts.

Le procès, dans lequel une quinzaine de témoins sont cités, se poursuit ce mardi après-midi.

Fabienne Armborst

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