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Venezuela : la présidente par intérim entame son mandat, l’ONU critique l’opération américaine


Delcy Rodriguez, qui était vice-présidente depuis 2018, a entamé officiellement mardi son mandat de présidente par intérim du Venezuela. (Photo : afp)

Delcy Rodriguez a entamé officiellement mardi son mandat de présidente par intérim du Venezuela, sous pression de Donald Trump, qui l’avait menacée, si elle ne se pliait pas aux exigences américaines autour d’un accès aux importantes réserves pétrolières du pays.

L’ONU a averti mardi que l’intervention militaire américaine à Caracas, présentée par les États-Unis comme une opération de police, «a sapé un principe fondamental du droit international».

«Les États ne doivent pas menacer ou recourir à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État», a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Ravina Shamdasani.

Après des mois de frappes sur des embarcations accusées de trafiquer de la drogue, les États-Unis ont capturé samedi Nicolás Maduro, 63 ans, et son épouse Cilia Flores, 69 ans, qui doivent répondre d’accusations de «narcoterrorisme» à New York.

Fidèle de Maduro, Delcy Rodriguez, 56 ans avait été investie lundi présidente par intérim, prenant la tête d’une administration qui compte toujours le ministre de l’Intérieur, tenant de la ligne dure, Diosdado Cabello et le puissant ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez.

«Je me présente avec douleur en raison de l’enlèvement de deux héros qui sont otages aux États-Unis. J’ai aussi l’honneur de prêter serment au nom de tous les Vénézuéliens», avait déclaré Delcy Rodriguez, qui était la vice-présidente depuis 2018.

«Gouvernement instable»

Juste avant, le président déchu Nicolás Maduro plaidait non coupable de trafic de drogue devant un tribunal de New York, après avoir été emmené de force de Caracas, avec son épouse.

Les partisans de Nicolás Maduro – qui a dirigé le Venezuela d’une main de fer pendant plus de douze ans – ont de nouveau appelé mardi à des rassemblements dans le pays pour exiger sa libération.

Delcy Rodriguez démarre son mandat alors que le président américain, Donald Trump, avait déclaré dimanche qu’elle «payera plus cher que Maduro» si elle «ne fait pas ce qu’il faut».

La veille, il avait assuré que Delcy Rodriguez était prête à coopérer avec les États-Unis, avant que cette dernière réplique que le Venezuela était prêt à se «défendre».

Delcy Rodriguez, qui a pris en main la gestion du pétrole vénézuélien, principale ressource du pays, devra également préserver l’unité du chavisme, doctrine héritée de l’ex-président de gauche Hugo Chavez qui a procédé à de nombreuses nationalisations.

Le nouveau gouvernement est «instable», estime l’analyste politique Marino de Alba, en expliquant que «malgré les divergences internes, le chavisme a bien intégré que seule une cohésion apparente lui donne une chance de se perpétuer au pouvoir».

«L’objectif principal est de gagner du temps pour profiter du fait que les revendications et conditions de Washington sont centrées sur la question pétrolière», selon lui.

«Remettre le pays sur pied»

D’après la Constitution, l’intérim de Delcy Rodriguez n’est que de 90 jours, qui peut-être prorogé de trois mois supplémentaires par l’Assemblée nationale.

En cas de déclaration de vacance absolue de Nicolás Maduro, qui n’a pas encore été décrétée, la loi l’oblige à convoquer des élections dans les 30 jours suivants.

Maria Corina Machado, cheffe de l’opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, a affirmé lundi prévoir de revenir «le plus vite possible» dans son pays.

«Je prévois de retourner au Venezuela le plus vite possible», a-t-elle déclaré dans un entretien à la chaîne américaine Fox News, au cours duquel elle a détaillé son projet politique pour le pays – même si Donald Trump ne la soutient pas pour en prendre la tête.

Le président américain avait disqualifié samedi Machado pour prendre la tête du pays à la place de Nicolás Maduro, estimant qu’elle «ne (bénéficiait) ni du soutien ni du respect au sein de son pays».

Il a écarté toute élection au Venezuela dans les 30 prochains jours, estimant que les États-Unis devaient «d’abord remettre le pays sur pied».

Tout en affirmant ne pas vouloir s’impliquer dans les affaires politiques d’autres pays, comme les États-Unis l’ont fait en Irak ou en Afghanistan dans les années 2000, Donald Trump a clairement exprimé son intérêt pour les vastes ressources pétrolières du Venezuela, premières réserves de brut prouvées au monde.

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