L’intransigeance des belligérants et la poursuite des frappes en Iran comme dans le reste de la région ne laissent présager aucun répit dans ce conflit qui dure désormais depuis deux semaines.
Combien de temps va durer cette guerre? Elle se poursuivra la semaine prochaine, où les États-Unis veulent frapper l’Iran «très fort», a annoncé Donald Trump. La guerre se terminera «quand je le sentirai dans mes tripes», a-t-il ajouté.
Mais le président américain a aussi admis qu’un renversement du pouvoir par le peuple à Téhéran, espéré par Washington dans la foulée du déclenchement de cette guerre le 28 février, ne se produirait «peut-être pas immédiatement».
Les États-Unis ont également annoncé offrir une récompense de 10 millions de dollars en échange d’informations sur le sort de dix dirigeants iraniens, notamment le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, et le chef de la sécurité Ali Larijani. Dans la matinée, ce dernier était apparu en public au cœur de Téhéran, aux côtés du président Massoud Pezeshkian, défiant l’ennemi en participant à une manifestation malgré des bombardements.
Sur des images de la télévision d’État, on voit le cortège réagir aux explosions qui frappent des quartiers non loin, et aux épais panaches de fumée qu’elles provoquent. Au moins une femme a été tuée dans une des frappes, d’après l’agence iranienne IRNA.
Mojtaba Khamenei «probablement défiguré»
Ce rassemblement pro-gouvernemental a rassemblé dans la capitale une importante foule – difficile a évaluer même si elle tapissait complètement certaines grandes artères – malgré la pluie et les bombardements dès le matin. Chantant «mort à l’Amérique» et brûlant des drapeaux israéliens, les manifestants arboraient notamment de nombreux drapeaux iraniens, des pancartes promettant l’enfer au président américain et au Premier ministre israélien.
«Le problème de Trump, c’est qu’il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée», a lancé à la télévision d’État Ali Larijani. «Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera.»
Certains manifestants brandissaient des portraits de l’ancien guide suprême Ali Khamenei, tué le 28 février au début des frappes américano-israéliennes. Si le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, était également présent dans la foule, le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei, fils d’Ali, n’est lui pas apparu publiquement depuis sa désignation dimanche dernier.
Jeudi, son premier message avait été lu par une présentatrice de la télévision nationale : il a appelé à venger la mort de son père et de toutes les victimes des «crimes» américains et israéliens dans ce conflit.
L’état de santé de Mojtaba Khamenei reste incertain après qu’il a été lui-même blessé dans un bombardement. Vendredi, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a avancé qu’il était «probablement défiguré».
Un premier soldat français est mort
L’armée israélienne a annoncé avoir mené 7 600 frappes en Iran en deux semaines et 1 100 frappes au Liban, où elle pilonne depuis le 2 mars le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran. Ses bombardements au Liban ont tué 773 personnes, dont 103 enfants, et blessé près de 2 000, selon les autorités locales. En Iran, le conflit a jusqu’ici déjà déplacé plus de trois millions de personnes selon l’ONU.
En réplique aux attaques américano-israéliennes, Téhéran et ses alliés poursuivent leurs frappes contre des cibles américaines ou de pays considérés comme proches dans le Golfe, et en Israël.
Un troisième missile tiré depuis l’Iran a été détruit par l’OTAN dans l’espace aérien turc, a affirmé vendredi le ministère turc de la Défense dans un communiqué.
Les États-Unis et la France ont annoncé vendredi la mort de sept de leurs soldats ou personnels en Irak : un Français, le premier dans cette guerre, tué par un drone lancé par un groupe pro-iranien dénonçant l’alignement de Paris sur Washington, et six membres d’équipage d’un avion américain qui s’est écrasé, pas en raison de tirs ennemis selon l’armée américaine.
Cette guerre à multiples fronts continue d’ébranler le commerce mondial en bloquant le détroit d’Ormuz, voie stratégique largement bloquée par l’Iran et par où transite un cinquième du pétrole mondial. Les cours du brut se sont envolés ces derniers jours, effrayant les entreprises et plombant les perspectives économiques.