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Trump s’énerve et Israël frappe fort


Les plans du président Trump ne se déroulent pas comme prévu en Iran. (Photo : afp)

Le président américain a vivement critiqué les pays qui ne voulaient pas l’aider à sécuriser le détroit d’Ormuz tandis qu’Israël a annoncé avoir tué le chef de la sécurité iranien.

Israël a affirmé mardi avoir tué Ali Larijani, puissant chef de la sécurité en Iran, considéré comme l’un des dirigeants les plus influents de la République islamique et l’un des stratèges de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par une attaque israélo-américaine.

Au 18e jour du conflit, Donald Trump a, de son côté, semblé faire marche arrière sur sa demande de soutien militaire international pour débloquer le très stratégique détroit d’Ormuz. «Les États-Unis ont été informés par la plupart de nos « alliés » de l’OTAN qu’ils ne voulaient pas être impliqués dans notre opération militaire contre le régime terroriste iranien», a écrit le président sur son réseau Truth Social, parlant d’«erreur vraiment stupide.» «Nous n’avons plus besoin et nous ne voulons plus de l’aide des pays de l’OTAN. NOUS N’EN AVONS JAMAIS EU BESOIN», a-t-il assuré, citant aussi le Japon, l’Australie et la Corée du Sud parmi les pays ayant rejeté ses demandes d’assistance.

En Iran, où la délégation du Comité international de la  Croix Rouge s’est alarmée du «lourd tribut» payé par la population et les infrastructures civiles, les autorités n’ont pour l’heure pas confirmé la mort d’Ali Larijani, annoncée en Israël par le ministre de la Défense, Israël Katz. Elles ont par contre appelé la population à manifester contre les «complots» ennemis.  La télévision d’Etat a diffusé des images de foules à travers le pays.

Ali Larijani était «le dirigeant de facto du régime iranien, surtout depuis deux semaines», selon un responsable militaire israélien s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Même avant, «il était considéré comme celui qui prenait les décisions et tirait les ficelles».

Longue liste de responsables tués

Peu après l’annonce israélienne, ses comptes officiels sur les réseaux sociaux ont publié une note manuscrite non datée, rendant hommage aux 84 soldats morts sur une frégate coulée par les États-Unis le 4 mars. Au premier jour de la guerre le 28 février, les frappes israélo-américaines avaient déjà tué plusieurs personnalités de l’appareil militaire et politique iranien, dont le guide suprême Ali Khamenei, depuis remplacé par son fils Mojtaba.

Ce dernier n’est toujours pas apparu en public, la télévision iranienne se limitant à lire un texte qui lui a été attribué. «On ne sait pas (…) s’il est mort ou pas», a dit Donald Trump lundi, d’autres responsables américains et israéliens ayant avancé qu’il pouvait être «défiguré» ou blessé à la jambe.

Israël a également dit avoir tué dans la nuit le général Gholamréza Soleimani, qui dirigeait le Bassidj, une milice insérée dans toutes les institutions et strates de la société iranienne. Un responsable militaire israélien a par ailleurs affirmé que l’armée avait visé l’un des principaux chefs du Jihad islamique palestinien, Akram Al-Ajouri, qui séjournait selon lui en Iran, sans dire s’il avait été tué. La Turquie a réagi en condamnant les «assassinats politiques perpétrés par Israël» en Iran, «contraires au droit de la guerre».

«Aucune menace imminente»

Dans le même temps, le conflit s’est poursuivi aux quatre coins du Moyen-Orient. À Bagdad, quatre personnes ont été tuées dans un quartier huppé qui, selon une source issue des groupes armés pro-Téhéran, hébergeait des conseillers iraniens. L’ambassade des États-Unis a été attaquée deux fois. L’Irak est ainsi aspiré par un conflit qu’il voulait éviter à tout prix : les groupes pro-iraniens revendiquent quotidiennement des attaques de drone contre des intérêts américains ou des sites pétroliers et sont visés en retour par des frappes américaines ou israéliennes.

La guerre «menace de réduire à néant deux décennies d’efforts (…) pour établir un Irak pleinement souverain, politiquement uni, économiquement sûr et réintégré au sein du monde arabe», note le Soufan Center à New York, spécialiste des questions de sécurité.

Au Liban, où les autorités ont recensé mardi 912 personnes, dont 111 enfants, tuées dans les frappes israéliennes depuis le 2 mars, des avions israéliens ont à nouveau bombardé des quartiers de la banlieue sud de la capitale, selon l’agence de presse officielle Ani. Et trois soldats de l’armée libanaise, restée à l’écart du conflit entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, ont été tués dans des frappes israéliennes dans le sud.

Outre ses frappes contre Israël, l’Iran poursuit ses tirs sur ses voisins du Golfe, surtout aux Émirats arabes unis où une personne a été tuée mardi. Au total, plus de 1 900 missiles et drones ont été tirés sur ce pays, qui concentre la majorité des attaques iraniennes.

Lundi, Donald Trump avait pour la première fois publiquement admis avoir été «choqué» par la riposte iranienne. «Personne ne pensait qu’ils allaient frapper» dans le Golfe. Un de ses hauts responsables du renseignement, Joseph Kent, a démissionné mardi pour manifester son désaccord avec l’attaque israélo-américaine. L’Iran «ne représentait aucune menace imminente» pour les États-Unis, a-t-il critiqué sur X.

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