La campagne présidentielle au Portugal s’est terminée alors que le pays a été frappé par des intempéries «dévastatrices».
Fortement perturbée par les tempêtes qui ont balayé le pays ces deux dernières semaines, la campagne pour le second tour de l’élection présidentielle portugaise s’achevait vendredi avec un socialiste modéré comme grand favori face au chef de file de l’extrême droite. «Il s’agit d’une crise dévastatrice», a reconnu le Premier ministre Luís Montenegro en évoquant des intempéries ayant provoqué des dégâts estimés à plus de 4 milliards d’euros, mais il a également jugé que les difficultés d’organisation du scrutin étaient «surmontables». Le candidat d’extrême droite André Ventura a défendu le report du vote au niveau national, mais l’autorité électorale a rappelé que la loi ne prévoyait que des reports localisés, d’une semaine, et que les résultats seraient tout de même annoncés dès ce dimanche soir. «Si nous ne trouvons pas une solution pour reporter les élections, (…) nous nous rendons complètement inutiles en tant que responsables politiques», a tout de même insisté vendredi le député de 43 ans.
«Démobilisation» des électeurs
Le socialiste de 63 ans a remporté le premier tour il y a trois semaines avec 31,1% des suffrages, et obtenu depuis le soutien de nombreuses personnalités politiques issues de l’extrême gauche, du centre et de la droite traditionnelle, mais pas du Premier ministre. Luís Montenegro, qui s’appuie au Parlement tantôt sur les socialistes, tantôt sur l’extrême droite, a refusé de donner une consigne de vote pour le second tour après l’élimination du candidat soutenu par son parti. André Ventura a lui déjà franchi un nouveau palier en se qualifiant pour le second tour avec 23,5% des voix, confirmant la progression de son parti Chega («Assez»), devenu la première force d’opposition à l’issue des législatives de mai 2025.
Si la victoire de Antonio José Seguro semble acquise, les regards se porteront sur l’ampleur du score d’André Ventura, pour comprendre si cette élection marque une «consolidation» de sa base de soutien, ou s’il arrive au contraire à «conquérir un nouveau public», explique João Cancela, professeur de sciences politiques à l’université Nova de Lisbonne. Mais, là aussi, les intempéries ont changé la donne car elles risquent vraisemblablement de provoquer une «démobilisation» des électeurs encore plus importante que celle déjà attendue en raison de la prévisible victoire du candidat socialiste, note ce politologue.
Il est cependant plus difficile de prévoir si ce contexte peut favoriser André Ventura, qui prône une «refondation du système» politique, ou plutôt un candidat comme Antonio José Seguro, «plus attaché à l’ordre institutionnel en vigueur», précise João Cancela.