Les attentes des électeurs sur la sécurité, l’environnement, les services de proximité ou le logement s’imposent dans tous les programmes des candidats aux municipales.
Toutefois des marqueurs politiques subsistent sur la place de la voiture, l’armement de la police municipale ou l’encadrement des loyers par exemple.
Entre l’enjeu écologique, notamment la réduction de la pollution de l’air, et l’attractivité commerciale des centres-villes, la place de la voiture reste un sujet clivant dans beaucoup de communes, grandes ou moyennes.
Dans les grandes villes gagnées par les écologistes en 2020, comme à Strasbourg ou Lyon, les oppositions ont exploité le mécontentement autour des conditions de stationnement et de circulation qui a pu être accentué par les travaux pour développer la piétonnisation, les pistes cyclables ou l’extension d’un tramway.
À Lyon, la campagne s’est focalisée autour du projet du candidat soutenu par le centre et la droite, Jean-Michel Aulas, de creuser un tunnel routier de huit kilomètres, jugé pharaonique par ses détracteurs.
À Paris, le sujet a perdu un peu de sa vigueur par rapport aux précédentes campagnes. Seule la candidate Reconquête Sarah Knafo propose la réouverture à la circulation des voies sur berges. Mais la cohabitation entre automobilistes, cyclistes et piétons reste sensible après le développement massif des pistes cyclables sous l’ère Hidalgo.
La gratuité des transports en commun, notamment pour les seniors et les jeunes, est en débat dans de nombreuses villes, comme Nice, Clermont-Ferrand ou Toulouse.
Des policiers municipaux plus nombreux et… plus armés ?
Première priorité des électeurs urbains, la sécurité est en bonne place dans tous les programmes, y compris à gauche, et a vu sa place renforcée par l’expansion du narcotrafic aux villes de taille moyenne un peu partout en France.
Mais la lutte contre la criminalité organisée étant essentiellement du ressort de l’État, les débats se focalisent sur la vidéosurveillance et surtout le renforcement des polices municipales dont l’existence fait désormais consensus. Même le maire socialiste de Brest, dernière grande ville à ne pas en être dotée, l’a mise dans son programme.
Nonobstant le coût budgétaire ou les difficultés de recrutement, la plupart des candidats veulent en augmenter les effectifs, avec une surenchère à droite.
Mais l’armement létal continue de faire débat dans certaines communes, en premier lieu Paris, entre la droite et l’extrême droite qui y sont favorables et la gauche qui veut se limiter à des armes de défense (matraques, taser…).
D’une manière générale, là où la gauche insiste davantage sur les fonctions de «proximité» (prévention, médiation, incivilités…), la droite souhaite lui confier davantage de missions de répression, anticipant l’adoption d’un projet de loi au Parlement sur le renforcement de leurs compétences pour sanctionner la vente à la sauvette ou l’usage de stupéfiants.
Pour ou contre l’encadrement des loyers
La question du logement a pris une ampleur considérable dans tous les territoires. Selon plusieurs enquêtes, sept Français sur dix estiment qu’il est difficile de se loger dans leur commune. Et 2,9 millions de ménages sont sur des listes d’attente de logement social.
La quasi-totalité des candidats dégainent donc des volets logement conséquents dans leurs programmes : constructions neuves, rénovation de l’ancien, réglementation des résidences secondaires, lutte contre la location meublée touristique, etc.
Mais l’encadrement des loyers ou la part de logements sociaux dans les nouvelles résidences restent un marqueur entre une gauche « plus régulatrice » et une droite qui rejette des mesures contraignantes et mise davantage sur «un choc de l’offre».
Les communes ne respectant pas les quotas de logements sociaux (loi SRU), quitte à payer des amendes, sont généralement de droite. Celles pratiquant l’encadrement des loyers sont principalement des grandes villes tenues par la gauche comme Paris, Lyon ou Lille.