Soupçonnée d’avoir vendu des poupées sexuelles d’apparence enfantine et des armes, le géant chinois de la «fast fashion» Shein est sous le coup d’une enquête de la Commission européenne.
L’Union européenne a ouvert mardi une enquête contre Shein dans l’affaire des poupées sexuelles d’apparence enfantine qui étaient vendues sur son site, soupçonnant la plateforme de vente en ligne d’avoir commis plusieurs infractions à ses règles qui pourraient lui valoir de fortes amendes.
Outre la vente de produits illégaux, la Commission européenne, chargée de cette enquête, dit viser les aspects «addictifs» de la plateforme d’origine chinoise désormais basée à Singapour et le manque de transparence de son algorithme de recommandation de produits aux utilisateurs.
Ces manquements, s’ils sont confirmés par les investigations de la Commission, constitueraient des infractions au règlement européen sur les services numériques (ou DSA), qui pourraient valoir théoriquement de lourdes amendes à Shein (jusqu’à 6% de son chiffre d’annuel).
Sous la pression de la France
La décision de l’UE n’est pas une surprise, Bruxelles ayant lancé ces dernières semaines des démarches en vue d’une telle procédure, sous la pression de la France, qui demandait à l’UE de sévir, depuis la découverte fin octobre que des produits illégaux étaient en vente sur Shein.
La France a salué cette démarche. Les ministres chargés de l’Économie Roland Lescure, du Commerce Serge Papin, et du Numérique Anne Le Hénanff se sont réjouis «que la voix de la France ait été entendue» et ont souhaité «que cette procédure puisse être menée jusqu’au bout et rapidement».
Les autorités françaises ont pris depuis novembre de multiples initiatives contre la plateforme, fondée en Chine en 2012, mais désormais basée à Singapour, pour avoir proposé à la vente des poupées sexuelles ressemblant à des enfants et des armes.