La justice française a ouvert une enquête pénale après la mort début janvier d’un nourrisson ayant consommé un lait infantile Nestlé, a annoncé jeudi le parquet de Bordeaux (sud-ouest).
Le bébé avait été alimenté avec un «lait artificiel de marque Guigoz ayant fait l’objet d’un rappel pour une possible contamination par une bactérie Bacillus Cereus», a précisé le parquet, qui a sollicité des analyses pour «déterminer la présence ou non de la bactérie» dans le lait, ingéré entre le 5 et le 7 janvier.
De vastes rappels de lait infantile ont été effectués récemment dans plusieurs pays par les géants de l’agroalimentaire Nestlé et Lactalis.
Le bébé, né le 25 décembre, avait été conduit en urgence à l’hôpital le 7 janvier, «la mère ayant constaté des troubles digestifs chez l’enfant», selon le parquet. Il est mort le lendemain et le centre hospitalier de Bordeaux a effectué le 9 janvier un signalement à la justice.
Le Centre de crises sanitaires, service dépendant du ministère de la Santé, avait précisé mardi que «l’imputabilité de ce décès avec la consommation du produit incriminé» n’était «pas établie à ce stade».
Une soixantaine de pays concernés
Nestlé, géant suisse de l’agroalimentaire, a engagé depuis plusieurs semaines un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal à cause de la présence potentielle de cette bactérie Bacillus Cereus, susceptible de provoquer des troubles digestifs, comme des diarrhées et vomissements, avec des complications parfois graves.
Le rappel concerne désormais une soixantaine de pays, dont la France et le Luxembourg, et le patron de Nestlé, Philipp Navratil, a présenté des excuses mi-janvier alors que le groupe est accusé par certaines ONG d’avoir tardé à prendre des mesures.
Mercredi, le groupe français Lactalis a également annoncé le lancement d’un vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays. Selon le ministère de l’Agriculture, ce retrait est, comme pour celui de Nestlé, lié «à une matière première fournie par un même producteur en Chine».
Selon l’association Foodwatch, il s’agit d’un des rares fournisseurs dans le monde d’acide arachidonique (ARA), substance de synthèse très réglementée en Europe entrant dans la composition de certains laits infantiles car source d’oméga-6.
L’ONG a annoncé mercredi porter plainte contre X pour « faire la lumière » sur ces rappels, affirmant que «des millions de nourrissons dans le monde étaient concernés».