Donald Trump a affirmé que les «tueries» en Iran avaient «pris fin», signal d’apaisement pour les marchés. Le lendemain, les États-Unis ont sanctionné des responsables iraniens accusés d’avoir dirigé la répression.
Après plusieurs jours marqués par la crainte d’une intervention militaire américaine et par une intensification de la répression en Iran, Donald Trump a cherché à envoyer un signal d’apaisement. Mercredi soir, le président américain a affirmé avoir été informé par des «sources très importantes» que les «tueries» en Iran avaient «pris fin» et que des exécutions de manifestants initialement redoutées n’auraient finalement pas lieu. «On observera ça et on verra quelle est la suite», a-t-il ajouté, laissant toutefois planer l’incertitude sur la position future de Washington.
Ces déclarations sont intervenues alors que les tensions étaient scrutées de près au Moyen-Orient. Les jours précédents, des menaces d’intervention américaine avaient alimenté l’inquiétude, renforcée par l’évacuation partielle du personnel de la base américaine d’Al-Udeid, au Qatar, et par des consignes de prudence adressées aux diplomates américains en Arabie saoudite et au Koweït.
Le cours du pétrole descend
Les propos de Donald Trump ont été interprétés par les marchés comme un signe de désescalade. Jeudi, vers 15 h, les cours du pétrole ont nettement reculé. Le baril de brent de la mer du Nord perdait plus de 4%, tandis que son équivalent américain, le WTI, enregistrait une baisse comparable. Les prix du brut avaient pourtant grimpé de près de 10% en cinq séances, en réaction aux tensions en Iran et au risque d’une action militaire.
Les investisseurs redoutaient notamment des perturbations dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole mondial. À mesure que la prime de risque géopolitique s’estompe, les cours ont reculé. Le mouvement a également touché les métaux précieux, l’or et l’argent cédant du terrain après avoir atteint des niveaux record, portés ces dernières semaines par les incertitudes géopolitiques.
Sanctions américaines en vue
Malgré ce signal d’apaisement, Washington a annoncé jeudi une nouvelle série de sanctions économiques contre plusieurs responsables sécuritaires iraniens accusés d’avoir coordonné la répression du vaste mouvement de contestation populaire déclenché le 28 décembre dernier. Le Trésor américain vise notamment Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, présenté comme l’un des principaux responsables de la réponse sécuritaire menée au nom du Guide suprême.
Dans un message vidéo, le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a dénoncé une répression «brutale», évoquant des «tueries massives dans les rues», des attaques contre des blessés et des hôpitaux. Quatre autres responsables sécuritaires régionaux sont également visés par ces mesures, qui prévoient le gel de tous les avoirs détenus aux États-Unis ainsi que l’interdiction de toute transaction avec des entreprises ou citoyens américains.
Le ministre a également adressé un message à la population iranienne, estimant que ses revendications étaient «légitimes», tout en accusant les dirigeants du pays de transférer à l’étranger des fonds détournés, promettant de les traquer à travers le système financier international.
Les pays du Golfe dissuasifs
En parallèle, l’Arabie saoudite, le Qatar et Oman ont intensifié leurs efforts diplomatiques pour dissuader Donald Trump d’ordonner des frappes contre l’Iran. Selon un haut responsable saoudien, ces pays ont mené des «efforts diplomatiques intenses de dernière minute» afin de convaincre Washington de «donner une chance» à Téhéran, en mettant en garde contre «de graves répercussions pour la région».
La pression internationale s’est encore accrue avec l’annonce par le Canada de la mort d’un de ses ressortissants en Iran. La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a accusé les autorités iraniennes d’avoir réprimé dans le sang des manifestations pacifiques et de faire preuve d’un «mépris flagrant pour la vie humaine».
Sur le terrain, la situation demeure contrastée. Si aucune manifestation d’ampleur n’a été signalée ces derniers jours et que la vie semblait avoir repris un cours normal à Téhéran, les organisations de défense des droits humains évoquent un lourd bilan. Selon l’ONG Iran Human Rights, au moins 3 428 manifestants auraient été tués et plus de 10 000 personnes arrêtées depuis le début du mouvement. Les autorités iraniennes affirment pour leur part avoir repris le «contrôle total» de la situation et promettent des procès rapides et publics, tandis que la communauté internationale reste attentive à l’évolution de la crise.