Le président finlandais a indiqué que les pourparlers de paix sur l’Ukraine n’aboutissent pas.
Le président finlandais, Alexander Stubb, qui entretient des liens étroits tant avec Donald Trump qu’avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, craint que les pourparlers de paix sur l’Ukraine menés par les États-Unis soient sans issue, a-t-il dit dans une interview publiée jeudi. «Cela pourrait être dû à la guerre en Iran, qui détourne considérablement l’attention de la guerre en Ukraine. Mais il se peut aussi que les négociations soient au point mort parce qu’elles ont atteint une impasse et ne progressent plus», a déclaré Stubb dans l’interview accordée au quotidien norvégien VG.
«Je pense que les négociateurs américains ont fait tout ce qu’ils pouvaient, et que l’essentiel repose désormais sur une seule question : Donetsk et les territoires. Mais le gros problème, c’est que je ne pense pas que la Russie veuille la paix», a-t-il ajouté. Il a précisé ses propos jeudi, estimant que les négociations étaient «au point mort, mais pas interrompues». «Nous souhaitons qu’elles se poursuivent», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion des dirigeants des pays membres de la Joint Expeditionary Force (JEF) organisée à Helsinki.
Le rôle des États-Unis
Présent à Helsinki, le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store, a souligné que «les États-Unis jouent un rôle absolument essentiel pour amener les parties à la table des négociations». «Nous encourageons également les États-Unis à exercer davantage de pression sur la Russie», a-t-il déclaré. Le Premier ministre estonien, Kristen Michal, a estimé que les pressions, notamment financières, étaient le seul moyen d’amener Moscou à la table des négociations. «Si vous ne privez pas la Russie de ses ressources financières, si vous ne faites pas pression sur elle… La politesse ne fonctionne pas avec la Russie, c’est un signe de faiblesse à leurs yeux», a déclaré Michal.
Le sommet du JEF a notamment porté sur les moyens de sévir contre la flotte fantôme russe, ces pétroliers vieillissants qui permettent à Moscou de contourner les sanctions occidentales depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. La JEF est une alliance menée par le Royaume‑Uni et réunissant dix pays du nord de l’Europe. D’autres acteurs diplomatiques ont déjà fait état récemment d’une telle impasse dans les pourparlers entre Moscou et Kiev, menés sous l’égide des États-Unis.
L’Ukraine a envoyé une délégation aux États-Unis le week-end dernier dans le but de relancer le processus de négociation, mais cette initiative n’a donné aucun résultat immédiat. «Malheureusement, il n’y a pas encore de réels progrès», a déclaré le président Zelensky mardi après avoir rencontré son équipe de négociation de retour des pourparlers. «La Russie ne veut pas s’engager sur la voie de la paix», a-t-il ajouté.