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Gaza : Israël rouvre très partiellement le passage de Rafah


Un passage capital pour la Palestine. (Photo : afp)

Israël a rouvert ce dimanche très partiellement le passage de Rafah entre l’Égypte et la bande de Gaza, vital pour l’entrée de l’aide humanitaire.

Les autorités israéliennes ont annoncé que le passage des habitants dans les deux sens pourrait commencer lundi (seuls des habitants du territoire sont pour l’heure autorisés à traverser la frontière, dans des conditions drastiques), une fois «les préparatifs achevés», sans mentionner une éventuelle augmentation de l’aide vers le territoire palestinien, ravagé par deux ans de guerre entre Israël et le Hamas.

La réouverture de Rafah, seul passage entre Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël, fermé depuis mai 2024, était réclamée avec force par l’ONU et les ONG internationales.

Mais les restrictions imposées par Israël sont loin de satisfaire leurs demandes pendant que, dans la bande de Gaza en ruines, cette réouverture suscite espoir et amertume après plusieurs mois d’une trêve fragile.

«Cette ouverture partielle entrouvre une petite porte d’espoir pour les malades et les étudiants», remarque Amine Al-Hilou, un homme de 53 ans qui vit sous une tente dans le camp d’Al-Chati, dans le nord du territoire, en réclamant l’ouverture «sans restrictions» du passage.

«Je rêve de voyager et de poursuivre mes études en Turquie», confie Adam Awad, un jeune homme de 19 ans déplacé lui aussi dans le nord de Gaza, qui se dit «heureux» mais regrette qu’il n’existe «aucun moyen d’obtenir un passeport à Gaza».

«Nous vivons toujours dans la peur et l’anxiété, sans abri, sans eau ni électricité», a-t-il ajouté.

«Prêt à partir» 

Selon des images et des sources palestiniennes, des camions-citernes et ambulances ont traversé dimanche la frontière du côté égyptien mais n’avaient pas encore pénétré dans Gaza.

Le porte-parole à Gaza du mouvement islamiste palestinien Hamas, Hazem Qassem, a prévenu que «toute obstruction ou condition préalable imposée par Israël» constituerait «une violation de l’accord de cessez-le-feu».

Cette réouverture est attendue avec impatience notamment par les malades ou blessés qui espèrent recevoir des soins à l’étranger. Environ 200 malades, selon un responsable du ministère de la Santé de Gaza, attendaient dimanche de pouvoir passer en Égypte.

Zakaria, un homme de 39 ans blessé en décembre 2024 dans un bombardement israélien, espère pouvoir partir rapidement. «Plus j’attends, plus mon état empire et je crains que les médecins ne doivent m’amputer des deux jambes», dit-il.

«Je suis alité, je n’ai pas de fauteuil roulant et j’attends toujours l’autorisation de voyager pour me faire soigner. J’ai préparé mes papiers et rangé mes affaires dans un petit sac pour être prêt à partir.»

Une quarantaine de fonctionnaires de l’Autorité palestinienne attendaient aussi depuis l’Égypte le feu vert israélien, selon un responsable palestinien.

Cette amorce de réouverture survient dans le contexte d’un cessez-le-feu précaire, au lendemain de l’une des journées les plus meurtrières depuis le début de la trêve le 10 octobre 2025.

«Autorisation préalable» 

La réouverture totale de Rafah est prévue par le plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque du Hamas sur le sol israélien.

Israël avait cependant prévenu que Rafah ne rouvrirait qu’une fois rendue la dépouille de Ran Gvili, le dernier otage retenu à Gaza, finalement récupérée le 26 janvier.

Les autorités israéliennes avaient indiqué vendredi qu’il faudrait «une autorisation sécuritaire préalable» pour sortir de Gaza et y entrer, en coordination avec l’Égypte et sous la supervision de la mission européenne à Rafah.

L’Égypte et la Jordanie ont cependant réaffirmé dimanche leur opposition à «toute tentative de déplacement du peuple palestinien hors de sa terre».

Le poste-frontière est situé dans un secteur encore occupé par l’armée israélienne en deçà de la Ligne jaune, qui marque son retrait d’environ la moitié de la bande de Gaza aux termes de la première phase du plan Trump.

Sa réouverture devrait aussi permettre l’entrée à Gaza, à une date qui n’est pas connue, des 15 membres du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), chargés de gérer le territoire pendant une période transitoire sous l’autorité du «Conseil de paix» présidé par Donald Trump.

Le représentant sur le terrain du «Conseil de paix», le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, a appelé dimanche les deux camps «à la retenue», se disant «profondément inquiet» après des frappes israéliennes meurtrières et l’annonce par Israël de la présence de combattants palestiniens dans un tunnel à Rafah.

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