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Face au nouveau Congrès américain, Trump se heurte à un mur


Nancy Pelosi (en rose), élue démocrate de Californie, est désormais le troisième personnage de l’État. (photo AFP)

Donald Trump reçoit vendredi élus démocrates et républicains pour tenter de mettre fin au « shutdown », après l’installation d’un nouveau Congrès peu enclin à faire des concessions sur son projet de mur visant à endiguer l’immigration clandestine.

La rencontre entre le président américain et les ténors du Congrès, prévue en fin de matinée à la Maison Blanche, s’annonce particulièrement délicate et la paralysie partielle des administrations fédérales pourrait entrer dans sa troisième semaine. Les négociations sur le « shutdown » – rituel de la politique américaine – sont d’abord une bataille de communication dans laquelle chaque parti tente de faire porter la responsabilité du blocage à l’autre. Or si les républicains ont conservé la majorité au Sénat, les démocrates ont désormais un porte-voix nettement plus puissant avec la présidence de la Chambre des représentants.

« Construire un mur est immoral, ce n’est pas ce que nous sommes en tant que pays », a lancé jeudi soir la démocrate Nancy Pelosi, quelques heures après sa prise de fonction comme « speaker » de la Chambre. « Quelqu’un a-t-il encore des doutes sur notre position ? Nous ne construirons pas de mur ! », a ajouté lors de sa première conférence de presse l’élue de Californie, désormais troisième personnage de l’État. Les démocrates lâcheront-ils du lest ? Donald Trump peut-il renoncer aux 5 milliards de dollars qu’il réclame à cor et à cri pour édifier son mur sans perdre la face ? Quelles sont les portes de sortie pour mettre fin au « shutdown » qui paralyse 25% des administrations fédérales depuis le 22 décembre ?

« Destituer ce fils de pute »

Républicains et démocrates sont conscients que ce bras de fer budgétaire est aussi un test du rapport de force qui s’établira pour la deuxième partie de mandat de Donald Trump, qui a clairement affiché son intention de se représenter en 2020. Avec leur nouveau contrôle de la Chambre, les démocrates décrochent en effet la tête de commissions parlementaires dotées de puissants pouvoirs d’investigation, notamment ceux d’assigner les témoins à comparaître et d’ordonner la présentation de documents.

Et si Nancy Pelosi ne souhaite pas, pour l’heure, évoquer la perspective d’une procédure de destitution, ou « impeachment », certains jeunes élus ne se privent pas d’aborder le sujet. « Nous allons destituer ce fils de pute ! », a lancé la démocrate Rashida Tlaib, 42 ans, à ses partisans dans une vidéo filmée lors d’une soirée de célébration, quelques heures seulement après sa prestation de serment jeudi.

« Comment voulez-vous destituer un président qui a gagné probablement la plus grande élection de tous les temps, qui n’a rien fait de mal (aucune collusion avec la Russie, ce sont les démocrates qui ont comploté), qui est à l’origine des deux meilleures premières années de tous les présidents, et qui est le républicain le plus populaire dans l’histoire du parti, à 93% ? », a tweeté vendredi matin Donald Trump. « Ils veulent seulement me destituer car ils savent qu’ils n’ont aucune chance de l’emporter en 2020, beaucoup trop de réussites ! », a-t-il ajouté, sans directement mentionner la vidéo.

LQ/AFP

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