Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a réveillé le procès latent en antisémitisme qui lui est fait, après avoir ironisé sur la prononciation du nom « Epstein » jeudi à Lyon. Ce qu’il a vigoureusement réfuté, accusant ses contempteurs de nourrir « délibérément la violence contre LFI ».
Le président du Crif, Yonathan Arfi, a immédiatement réagi, rappelant sur X qu' »un élève de 5ème sait qu’en anglais, +Epstein+ se prononce +Epstine+. Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain… à l’américaine ». « Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents antisémites », a-t-il ajouté.
« C’est évidemment les codes de l’antisémitisme, c’est inadmissible », a estimé de son côté l’ancien ministre des Finances Éric Lombard sur RTL, tandis que la ministre déléguée à l’Egalité femme-homme Aurore Bergé (Renaissance) affirmait sur X que « l’antisémitisme en France s’écrit en trois lettres: L-F-I ».
« La mise au ban de LFI est un impératif moral pour tous les responsables politiques attachés à la République et à la paix civile », a tweeté vendredi le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, dénonçant un meeting « brutal, qui fait froid dans le dos, aux relents ouvertement antisémites ».
« Dégoût »
Au PS également, la sortie a indigné. « Est antifasciste celui qui combat le fascisme, pas celui qui en réutilise les ressorts les plus dangereux », a tweeté son premier secrétaire Olivier Faure. Il faisait référence dans le même temps aux prises de positions de Jean-Luc Mélenchon qui a continué jeudi soir à défendre son député Raphaël Arnault pourtant fondateur du groupe antifa « La Jeune Garde » impliqué dans le meurtre du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon.
« Depuis combien de décennies un responsable politique n’avait-il fait rire une salle en égrenant des noms juifs, en insistant sur leur prononciation, avec un rictus de haine ? », a dénoncé la sénatrice socialiste Laurence Rossignol sur X.
« Mélenchon se rêvait Mitterrand il finit comme Soral », du nom de l’idéologue multicondamné, notamment pour incitation à la haine ou apologie de crime de guerre et contre l’humanité, a critiqué l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. Alain Soral a récemment dénoncé une « mafia juive » à travers l’affaire Epstein.
« Non mais ça va pas non ! Vraiment, rien ne va dans ces propos. Rien. Ça suffit maintenant », s’est encore exclamé la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, quand l’eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann estimait que « Jean-Luc Mélenchon et ses sbires s’essuient les pieds sur tous les principes qui ont structuré la gauche républicaine française ».
Devant cette avalanche de condamnations, le leader insoumis a réagi en réfutant tout antisémitisme et en renvoyant l’attaque sur ses adversaires. « J’ai ironisé sur la volonté de vouloir faire avec +Epstine+ un nom pour +russifier+ le problème. Consternante réaction de ceux qui y voient de l’antisémitisme », a-t-il déclaré sur X, y notant une manière de « susciter délibérément la violence contre LFI ».
Pour lui, « l’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet ». « Au contraire j’ai longuement expliqué dans mon discours pourquoi il fallait tenir la religion loin de la politique », a-t-il insisté, soutenu par son premier lieutenant Manuel Bompard qui a dénoncé « une cabale contre les Insoumis » et exprimé son « dégoût ».
« Les Insoumis ont, les premiers, dénoncé les instrumentalisations antisémites de l’affaire Epstein », a-t-il insisté.