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Des négociations «en cours» entre États-Unis et Iran


Dans les rues de Téhéran, un immense panneau d'affichage montre le président américain, Donald Trump, accompagné de l'inscription «La vengeance est inévitable». (Photo : afp)

Le Pakistan a affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d’une désescalade après une nouvelles série de bombardements et attaques réciproques.

En attendant une éventuelle percée dans ces discussions, le conflit au Moyen-Orient s’étend à de nouveaux pays : après l’Irak, où des groupes pro-iraniens ont été ciblés par des frappes conjointes américaines et saoudiennes, l’Égypte a fait état d’une attaque de drone dans le port de Damiette (nord).

La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient «en cours» afin de «parvenir à une désescalade», en particulier concernant le détroit d’Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran, au cœur des tensions. Elle a indiqué faire «tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d’accord d’Islamabad» signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les États-Unis et l’Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient.

Plus tôt jeudi, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir «frappé des dizaines de cibles» des gardiens de la révolution en Iran.

Les États-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par cette puissante force armée de la République islamique, de «multiples missiles balistiques» contre «les forces américaines basées au Moyen-Orient», précisant que ces missiles avaient été interceptés.

Les gardiens de la révolution ont, eux, annoncé jeudi que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine dans le nord-ouest du pays, tandis que les médias officiels iraniens ont fait état d’attaques dans des provinces méridionales.

Trois membres d’une même famille ont été tués dans une frappe contre une maison sur l’île de Qeshm, selon l’agence Fars.

Alors que l’Égypte a fait état d’une frappe de drone qui a touché deux navires, dont un américain, dans le port de Damiette mercredi, le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé la communauté internationale à mettre fin à «l’escalade» dans la région.

Il s’agit de la première attaque en Égypte depuis le début de la guerre. Abdel Fattah al-Sissi a précisé qu’une enquête se poursuivait sur les circonstances de l’attaque qui n’a pas été revendiquée.

Les rebelles Houthis au Yémen, alliés de Téhéran et qui contrôlent une partie des rives de la mer Rouge, ont dit ne pas être derrière cette frappe. Des pays de la région accueillant des forces américaines ont été visés de nouveau jeudi.

L’Arabie saoudite lance une coalition maritime

Le Koweït a rapporté qu’une personne avait été tuée par un bombardement iranien sur une entreprise chinoise.

La Jordanie a de son côté annoncé avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l’Iran. Les gardiens de la révolution ont revendiqué avoir ciblé, en représailles à la frappe à Qeshm, des avions américains stationnés sur la base aérienne d’Al-Azraq.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l’Iran et les États-Unis s’était étendu à un autre front, opposant les Houthis à l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite.

«La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d’autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable», commente Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L’Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l’Iran verrouille de nouveau le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l’Iran.

Dans la soirée, l’Arabie saoudite a annoncé la création d’une coalition maritime regroupant une quinzaine d’États afin de sécuriser la navigation en mer Rouge, dans un contexte de tension dans le détroit stratégique de Bab al-Mandeb.

Cette initiative fait suite à l’annonce, la semaine dernière par les rebelles yéménites Houthis, alliés de l’Iran, d’un blocus maritime contre l’Arabie saoudite, suivi de la revendication de plusieurs attaques contre des pétroliers saoudiens en mer Rouge.

Jeudi matin, les gardiens de la révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir «de quitter le couloir maritime sûr» désigné par l’Iran, et que l’un d’entre eux avait «pris feu», sans autre précision.

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