Les municipales n’ont pas eu de vainqueurs clairs en France. Les partis tentent de rassembler, mais le pays restent toujours aussi divisé.
Les Républicains peuvent eux se targuer, malgré des échecs à Paris et Lyon, d’avoir remporté plusieurs villes importantes : Clermont-Ferrand, Brest, Limoges… «Dans beaucoup de villes, il y a la preuve que l’alliance de la droite républicaine et du centre fonctionne», s’est réjoui l’ancien Premier ministre Michel Barnier sur TF1. Valérie Pécresse compte d’ailleurs «demander des clarifications» au prochain bureau politique de LR à Bruno Retailleau qui avait lâché dans l’entre-deux tours le candidat Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN et largement victorieux à Nice. Selon elle, les poussées du RN et de LFI aux municipales plaident «pour une candidature unique de la droite et du centre face au chaos des extrêmes», une idée à laquelle est hostile Bruno Retailleau qui s’est déjà déclaré candidat.
Cette question promet d’agiter encore de nombreux mois l’espace allant de Renaissance aux Républicains, en passant par Horizons. Le parti d’Édouard Philippe peut souffler après sa réélection au Havre qui, selon les sondages, reste en position de se qualifier au second tour dans la course à l’Élysée. Le parti macroniste Renaissance, s’il remporte moins de villes que la droite, a lui conquis Annecy et surtout Bordeaux, reprise aux écologistes. Revigoré, son chef Gabriel Attal a souhaité tendre la main à droite et à gauche, avec une «pensée particulière pour tous ces Français de la gauche républicaine qui ont été absolument écœurés» par les accords entre le PS et LFI. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a pour sa part estimé que les urnes n’avaient «sacré personne», et défendu dans un courrier aux maires sa méthode des «compromis».
«La tambouille ne fonctionne pas»
Les débats les plus vifs ont lieu au sein du PS, après les défaites dans plusieurs villes où Insoumis et socialistes avaient fait alliance, par contraste avec les victoires à Paris ou Marseille où ils étaient restés seuls. «La France insoumise nous a fait perdre», a fustigé le chef des députés socialistes Boris Vallaud. «Beaucoup de Français n’ont pas compris quelle était la ligne» du PS, a-t-il ajouté, dans le sillage d’un Raphaël Glucksmann qui y voit la preuve que «la tambouille ne fonctionne pas». Mis en cause, le premier secrétaire du PS Olivier Faure a esquivé ces critiques en mettant en cause «le boulet qu’est devenu Jean-Luc Mélenchon» pour expliquer, malgré un bon premier tour, les défaites des listes de gauche conduites par LFI à Toulouse ou Limoges. Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a lui rejeté sur les socialistes l’échec des alliances dans des villes tenues par le PS comme Clermont-Ferrand et Brest. «Les maires sortants ont subi un désaveu populaire d’une telle ampleur que les Insoumis, au second tour, malgré leur mobilisation, n’ont pas réussi à compenser», a-t-il argumenté, soulignant les victoires insoumises à Roubaix, Saint-Denis, La Courneuve ou encore Vénissieux.
Principal perdant de l’élection, même si Lyon a été sauvé : les Écologistes, dont la patronne Marine Tondelier a dénoncé sur France 2 «l’ambiance globale à gauche qui n’a pas aidé». «C’est une victoire de Jean-Luc Mélenchon et de François Hollande qui avaient prédit qu’on ne pourrait plus travailler ensemble. Mais quand la gauche irréconciliable gagne bien, c’est la gauche qui perd. Donc ça doit nous servir d’alerte pour 2027», a-t-elle estimé.