Ern Schumacher, le président des vignerons indépendants, n'a pas envie de transformer sa récolte en gel hydroalcoolique. Il fustige plutôt la politique des grands rendements qui perdure par endroits.
Lorsqu'il décroche son téléphone, jeudi en fin de matinée, Ern Schumacher prend le soin de couper le contact de son tracteur avant de se lancer dans la discussion. Au domaine Schumacher-Lethal, c'est lui qui s'occupe des vignes, tandis que le fils, Tom, œuvre à la cave. «Je suis en train de retourner la terre sous les vignes, explique-t-il. C'est grâce à ce travail que l'on peut éviter de mettre du glyphosate.» La nature dit merci (et les vins aussi !), mais la tâche n'est pas de tout repos. «Il me faut une semaine pour m'occuper de toutes mes vignes, alors qu'avec du glyphosate un jour et demi suffirait. Oublier le glyphosate est un engagement lourd en termes de temps de travail et de finances. Pour traiter l'ensemble de mon domaine (NDLR : 13 hectares environ), il ne m'aurait fallu que 150 euros de glyphosate. Pour m'en passer, j'ai investi dans deux machines. Celle avec des chenilles pour travailler dans les vignes en pente coûte 10 000 euros et celle qui se fixe derrière le tracteur pour aller dans les vignes classiques coûte entre 16 000 et 17 000 euros. C'est conséquent, mais comme beaucoup d'autres vignerons indépendants, j'ai choisi cette voie depuis plusieurs années et j'en suis très content.» Rappelons que le pays bannira complètement l'utilisation du glyphosate au 1er janvier prochain et que tous les vignerons se sont engagés à ne plus l'utiliser dans le courant de ...Cet article est réservé aux abonnés.
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