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Fermeture de Tartefine : les habitants de Bonnevoie se mobilisent


La propriétaire du local ne souhaite pas renouveler le bail : la société va fermer et quatre personnes seront licenciées.

Alors que la boulangerie-pâtisserie Tartefine baissera définitivement le rideau le 31 mars, les habitants du quartier se mobilisent pour sauver l’établissement.

Triste nouvelle pour le quartier de Bonnevoie à Luxembourg : la boulangerie-pâtisserie artisanale Tartefine, établie au 42 rue Demy Schlechter depuis neuf ans, fermera définitivement ses portes au soir du 31 mars, laissant quatre employés sur le carreau.

Au grand regret de la gérante, Anne Le Moigne, qui aura tout tenté face au refus de la propriétaire des lieux de renouveler le bail de cet espace commercial.

«Il n’y a rien à faire. Elle m’a informée il y a deux ans de son souhait de mettre fin au bail», raconte-t-elle. «J’ai essayé de négocier, avant de chercher sans relâche un nouveau local dans ce coin, mais sans succès.»

Quatre collaborateurs sur le carreau

En octobre dernier, une opportunité inespérée se présente à quelques rues, mais là encore, la propriétaire se montre inflexible : «Elle n’a pas accepté de rompre le contrat prématurément. Or, impossible pour moi de payer deux loyers simultanément, donc l’occasion a filé.»

Au pied du mur, Anne Le Moigne reste sans solution à ce jour et se voit contrainte de fermer sa société et de se séparer de son équipe de quatre collaborateurs.

Un crève-cœur pour cette entrepreneuse également à la tête de la pâtisserie Cayotte à Esch, et du centre de production BioScott à Munsbach.

La Ville reste sans réaction

«Pour l’instant, je n’ai aucune solution. Et même dans le futur, je sais déjà que l’aventure ne pourra pas se poursuivre à Bonnevoie, car aucun espace n’est adapté pour ce type d’activité. L’investissement serait énorme pour tout transformer.»

En 2024, elle lance un appel à l’aide à la Ville de Luxembourg, malheureusement sans obtenir aucune réponse. «C’est resté lettre morte», déplore-t-elle.

«C’est une belle histoire»

Tartefine représente beaucoup pour cette quinquagénaire venue de France en 2012 et qui s’était beaucoup investie dans ce projet, fruit d’une reconversion professionnelle après vingt années passées dans l’aéronautique.

«On a ouvert en avril 2016 et le succès a été immédiat. C’est une belle histoire, aussi avec les habitants, dont on a vu grandir les enfants.»

Une pétition en ligne 

Un attachement réciproque, puisque la pétition «Soutenez tartefine» publiée en ligne il y a quelques jours par une employée affiche 435 signatures, et une avalanche de commentaires plus élogieux les uns que les autres dans toutes les langues.

«Les matins de Bonnevoie ne seront plus aussi savoureux sans notre chère enseigne rose», regrette Franck. «C’est toute la vie de quartier qui en prend un coup», pour Delphine.

«Je soutiens Tartefine qui est devenue un emblème de Bonnevoie, participe à l’épanouissement du quartier et au renforcement des liens sociaux intergénérationnels», ajoute Isabelle.

«Fermer Tartefine, c’est éteindre une partie de la vie de quartier… Quelle tristesse», se lamente Maria. Et même les plus jeunes ont laissé un petit mot : «Nous, les enfants de Bonnevoie, on est habitués à vous! On aimerait bien que Tartefine reste ouverte», écrit Petrova.

Un futur cabinet médical?

«C’est encourageant et ça fait vraiment chaud au cœur», réagit Anne Le Moigne. Si une piste se dessine pour l’ouverture d’une nouvelle boulangerie, celle-ci ne pourrait pas voir le jour avant un an au moins, affirme-t-elle, et pas à Bonnevoie.

D’après elle, rue Demy Schlechter, la propriétaire aurait pour projet de louer son bien à un cabinet médical, mais n’aurait pas encore trouvé de nouveau locataire.