Les prix ont flambé à la pompe depuis l’attaque des États-Unis et d’Israël sur l’Iran fin février. Pour certains automobilistes, le covoiturage permet d’amortir sérieusement la facture.
La fin du mois ressemble à une petite fin du monde quand le prix du gasoil à la pompe dépasse le seuil symbolique des deux euros le litre. Pour ceux qui ne peuvent se passer de leur véhicule, le covoiturage séduit. L’option a convaincu Arthur, chauffeur sur BlaBlaCar : «La hausse des prix de l’essence et le coût du péage m’ont décidé à publier mes trajets.»
Aujourd’hui, la pratique reste minoritaire – le ministère de la Transition écologique estime à 3 % la part de covoiturage sur les trajets quotidiens. Aussi, elle s’organise majoritairement dans un cadre informel, plus difficile à documenter et chiffrer.
Les plateformes numériques facilitant l’organisation de trajets en covoiturage entre inconnus – BlaBlaCar en tête – ne représentent donc qu’une partie émergée du phénomène.
Beaucoup des utilisateurs de BlaBlaCar interrogés utilisaient déjà l’application avant que le blocage du détroit d’Ormuz et la flambée des prix ne les atteignent. Ils ont tout de même réagi en conséquence. Alain transite quotidiennement jusqu’au Luxembourg pour travailler.
Depuis la hausse des prix, il affirme «prendre de plus en plus de courses que je n’acceptais pas forcément avant». L’automobiliste assure que ses tarifs suivent la tendance à la pompe : «J’indexe en fonction des hausses». D’autres utilisateurs indiquent ne pas avoir modifié leurs tarifs face à l’augmentation du coût des carburants.
+ 15 % d’utilisateurs quotidiens à Thionville
Concernant les trajets réguliers, le service BlaBlaCar Daily – anciennement Klaxit – témoigne de l’attrait du covoiturage en temps de crise. François Fantin, directeur du développement collectivités chez BlaBlaCar Daily, confirme l’afflux d’utilisateurs sur la plateforme : «On enregistre une augmentation de 15 % sur le secteur de Thionville depuis le mois de janvier.»
Sans surprise, une large portion des trajets (36 %) concerne des travailleurs frontaliers transitant vers le Luxembourg. Le secteur thionvillois connaît néanmoins une hausse moins importante qu’il ne le pourrait pour une raison très simple : «Nous avons des partenariats avec certaines collectivités locales, explique François Fantin. Certaines communautés de communes comme celles de Cattenom (CCCE) ou de l’Arc Mosellan subventionnent en partie les trajets tant qu’ils proviennent ou se dirigent vers leur territoire.
C’est là que nous constatons les hausses les plus significatives, avec notamment 40 % d’utilisateurs supplémentaires sur la CCCE, et 28 % pour l’Arc Mosellan.» La participation des territoires rémunère les conducteurs jusqu’à 3 euros pour 30 kilomètres parcourus en covoiturage.
Sans partenariat, le secteur thionvillois bénéficie néanmoins des subventions versées par les territoires adjacents. «Les communautés luxembourgeoises subventionnent aussi. Tous les trajets qui s’y dirigent sont concernés, dont ceux en provenance de Thionville.»
Contrairement aux trajets ponctuels, la plateforme fixe les tarifs directement pour les trajets réguliers. Pour l’instant, ceux-ci restent les mêmes qu’avant la crise.