Face à la banalisation des jobs alimentaires, l’Université de Lorraine propose 300 emplois en interne, «adaptés à une vie étudiante.» Le but ? Éviter les emplois chronophages ou éreintants, qui compromettent la réussite scolaire.
Travailler pour financer ses études ? L’emploi étudiant reste minoritaire, mais il se banalise. Et le risque d’échec universitaire est réel. Dans nos colonnes, le président de la Fédélor (Fédération des associations étudiantes de Lorraine) estimait récemment qu’«un étudiant sur quatre travaille».
Pour proposer une alternative aux emplois chronophages, l’Université de Lorraine a instauré une plateforme de jobs étudiants adaptés.
300 emplois proposés
«L’intérêt de notre plateforme est double, explique Sabine Chaupain-Guillot, directrice du Service universitaire d’orientation et d’insertion professionnelle. Tout d’abord, nous pouvons publier des offres au sein même de l’Université de Lorraine. Il y en a environ 300. Deuxièmement, nous pouvons faire le relais sur des annonces externes sérieuses, vérifiées par nos services, en phase avec la préservation du temps d’étude». Les emplois au sein de l’université peuvent exiger un niveau d’étude (tutorat par exemple) ou non (aide bibliothèque, accueil étudiant, etc.).
Du bénéfique au néfaste…
Si l’Université de Lorraine se mue en mini-Pôle emploi, c’est que le risque de décrochage est réel. Également maîtresse de conférences en économie, Sabine Chaupain-Guillot s’est penchée sur la question. «Les travaux sur la réussite confirment un effet bénéfique de l’emploi étudiant, tant que le quota ne dépasse pas quinze heures semaine. L’étudiant acquiert des compétences dans l’organisation, l’autonomie, l’insertion sociale, etc. En revanche, les effets deviennent négatifs quand on passe ce seuil. L’étudiant n’a plus le temps de travailler ses cours et il accumule du retard.»
L’université permet parfois des « aménagements horaires » aux étudiants en emploi, qui peut aller jusqu’à la possibilité d’étaler une première année sur deux ans.
L’esprit campus
En cherchant à préserver ses étudiants d’un job trop chronophage, l’université favorise aussi un «esprit campus». «L’étudiant qui travaille pour nous représente l’Université de Lorraine. Certains jobs sont en lien avec la promotion de nos filières, ou de l’accueil des lycéens. Le premier visage qu’ils voient de l’université, c’est cet étudiant.»