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«J’ai envoyé 396 candidatures» : les jeunes face au mur de l’emploi à Fameck


En recherche d’emploi, Julien Meyer, 24 ans, a envoyé 396 candidatures depuis novembre. (Photo : rl/philippe neu)

Trouver du travail relève parfois du défi pour les jeunes en début de carrière. À Fameck, le Salon du jeune favorise les échanges directs entre candidats et recruteurs. Mais répond-il vraiment aux besoins? Rencontres avec plusieurs jeunes en recherche d’emploi.

«J’ai envoyé 396 candidatures depuis novembre», indique Julien Meyer, 24 ans, et titulaire de deux bachelors en commerce et en informatique. Le Hayangeois s’est rendu au Salon du jeune à Fameck, mercredi, pour tenter de décrocher un emploi. «Je ne me tourne pas les pouces, rassure-t-il. Je me dis qu’il faut toquer à toutes les portes.»

Atteint d’un handicap moteur qui touche essentiellement les jambes, il peine à trouver un emploi adapté. «Je pensais que l’obtention du bachelor allait m’ouvrir plus de portes», dit-il sans perdre espoir. Sa recherche se heurte aussi à la question de l’aménagement de son poste de travail. «Dans mon cas, ça peut être une chaise, je n’ai pas forcément besoin d’un aménagement horaire», précise-t-il en ajoutant que, dans son domaine, le télétravail est «totalement possible». Toutefois, le marché reste particulièrement restreint. «Il n’y a pas beaucoup de turnover, remarque Julien. Il faut attendre que quelqu’un parte à la retraite pour prendre sa place.»

Faute d’emploi, il vit actuellement grâce à l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et à des missions en intérim. «J’ai l’impression qu’aujourd’hui, on est du consommable, lâche Julien. On est facilement remplaçables et les recruteurs ne regardent pas l’humain derrière.»

Déterminé à trouver sa place, il postule partout en France, sans exclure le Luxembourg. «Quand on veut un emploi, on bouge, lance-t-il, résolu. Je me laisse un an et demi pour trouver, sinon je vais essayer de créer mon propre emploi. Je vais tenter d’ouvrir une entreprise.»

Après avoir fait quelques stands, davantage propices aux échanges qu’aux embauches concrètes, il repart avec une pile de contacts à relancer.

«C’est plus compliqué qu’à mon époque»

Déçue par un premier stand, Maëlys Attuga, 18 ans, fait la queue devant celui d’un organisme de formation. «J’ai eu des soucis et je suis sortie d’école sans diplôme», raconte-t-elle. Habitante de Hayange, elle s’est rendue au Salon du jeune pour avoir plus d’informations sur les démarches nécessaires à sa réorientation.

«C’est compliqué d’avoir des réponses, que ce soit sur internet ou ailleurs, donc c’est mieux de venir», remarque-t-elle. Toute sa famille s’est mobilisée dans ses recherches de formation. «Ma grand-mère m’envoie beaucoup d’annonces et je sais aussi que ma mère fera le nécessaire, et elle va aller jusqu’au bout pour faire avancer la paperasse, mais ça reste compliqué», avoue Maëlys.

Loubna Oudjine, 18 ans, Thionvilloise, parcourt les stands qui pourraient correspondre à son projet d’alternance. «J’ai repris le BTS depuis peu, après une année de césure, indique la jeune femme. Je cherche un job alimentaire aussi, depuis septembre, mais c’est difficile.»

Après quelques échanges qui ne lui ont apporté que des réponses partielles, elle poursuit sa visite. «Je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre, confie-t-elle. J’ai l’impression qu’il n’y a pas vraiment de propositions en alternance.»

Nadège Baron, 44 ans, accompagne sa fille Cécile, 16 ans. «Pour les jeunes, maintenant, c’est encore plus compliqué qu’à mon époque, estime Nadège. Les procédures administratives ne sont pas faciles à suivre et les exigences sont plus élevées.»

Cécile est atteinte d’un TSA (trouble du spectre autistique), ainsi que de dyslexie et de dysorthographie. La voie traditionnelle, pour elle, se transforme en parcours du combattant. «Finalement, on a bien fait de venir, souffle Nadège, soulagée. On a pu voir des métiers qui sont peu représentés, ou même des filières bac dont on n’avait pas connaissance.»

Lorela Prifti
(Le Républicain lorrain)

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